Il ne faut pas tourner à droite trop tôt, vous prendriez le risque de vous retrouver à
mi-chute sur la falaise abrupte. Le lieu est dangereux. Des accidents se sont déjà
produits et la prudence est recommandée. La bonne descente commence par des marches
aménagées avec des traverses de bois. Elle est dans sa partie basse raide et glissante.
Mieux vaut éviter les chaussures de ville.
Même l'été, cette cascade
est magnifique avec ses trois étages qui s'étalent en éventail laiteux le long de la
paroi sur près de 60 mètres. La place est fraîche et humide, presque toujours
ombragée.
Pour la baignade, je
préfère le bassin supérieur plus ensoleillé et moins fréquenté. Avouons le, l'eau
est froide. Mais il y a une jubilation (un peu inquiète) à faire quelques brasses dans
cette brume assourdissante. Il faut impérativement franchir la chute quitte à se
protéger la tête avec les mains, et se plaquer contre la paroi. Il n'y a rien derrière,
pas de grotte mystérieuse mais pendant quelques instants, je vous le promets, vous serez
vraiment quelque part ailleurs.
En remontant, essayez de
retrouver les inscriptions dans le rocher attribuées à des Vikings en errance sur le
Mont Lozère à la fin du premier millénaire, dit-on.. Sans l'aide de l'abbé Flatet
aujourd'hui décédé, je ne les aurais jamais découvertes. Il m'a avoué avoir joué
enfant des centaines de fois devant ce rocher sans avoir remarqué ce dessin et ces
inscriptions pourtant très visibles.
La pierre gravée se trouve
au départ de la chute au pied d'un sorbier des oiseaux. Un dragon se mord la queue. A
l'intérieur du cercle il est écrit :"De la terre vers le ciel et du ciel vers
sa terre." |