
Terroirs
et Nature
du Sud Massif Central

causses-cevennes.com
Histoire
Index
- Préhistoire
-
Histoire des causses
et Cévennes
>Histoire de la Lozère
- Histoire de St. Germain
de Calberte
- Histoire
de l'agriculture
- Histoire du châtaignier
- La Garde Guerin
- Légendes
- Protestantisme
-
Toponymes
- Urbain V

Cartes Postales de :

Florac
Ispagnac
La Malène
Le Pont de Montvert
Le Rozier
Les Vignes
Mende
Meyrueis
Montbrun
Ste Enimie
St. Germain de Calberte
Quezac
Portraits

causses-cevennes.com
|
|

suite L'histoire de la
Lozère d'après FRANCE PITTORESQUE
|
MENDE,
sur la rive gauche du Lot, chef-lieu de préf. à 141 lieues S. de
Paris (distance légale. - on paie 69 postes). 5.822 hab.(1835 ; 11.804 en 2002)
- Cette ville n'était autrefois qu'un petit bourg (Viculus Mimatensis).
Saint Privat, évèque de Javols, qui, aprés le sac de cette ville par les Vandales,
s'était réfugié dans une grotte voisine de ce bourg, en fut tiré par les Barbares et
martyrisé à Mende même.
Après le départ des Vandales, on bâtit une église sur le lieu où le saint avait été
enterré. Les miracles qu'opérèrent, dit-on, ses reliques, y attirèrent une grande
affluence du peuple et insensiblement il se forma à l'entour une ville où fut
transféré le siége de l'évèché du Gévaudan.
- Mende eut à souffrir an XVIe
siècle des guerres de religion ; elle
renfermait alors plusieurs couvents dont les richesses attirèrent les calvinistes, qui
mirent la ville à contribution. L'histoire rapporte qu'ils emportèrent des églises de
Mende plus de 280 marcs d'argent en vases sacrés et en reliquaires. A cette époque la
grosse cloche de la cathédrale fut fondue pour faire des canons.
- Les évèques de Mende eurent pendant long-temps le droit de battre monnaie ; la
étaient seigneurs hauts justiciers de la ville ; mais en 1306 ils partagèrent leur
souveraineté avec les rois de France.
- Mende est agréablement situé. sur le bord du Lot, dans un vallon entouré de montagnes
d'où coulent de nombreux ruisseaux qui arrosent et fertilisent les jardins des bastides
éparses autour de la ville. Ces petites maisons de campagne toutes éclatantes de
blancheur, les prairies et les vergers dont elles sont entourées, offrent un aspect des
plus agréables.
- La ville est entourée d'un petit boulevart qui sert de promenades, mais ses rues sont
mal percées, étroites et tortueuses ; elle renferme un assez grand nombre de fontaines
publiques, parmi lesquelles ont remarque celle du Griffon.
- L'enceinte de Mende est de forme triangulaire.
- Toutes les toitures des maisons sont en ardoises.
- La cathédrale est une église gothique qui n'est remarquable que par ses deux clochers
dont l'un passe pour un chef-d'oeuvre de délicatesse et d'art.
- L'ancien palais épiscopal devenu l'hotel de la préfecture, renferme une belle galerie
et un beau salon, dont les plafonds sont enrichis de bonnes peintures par Besnard.
- Mende possède une bibliothèque publique riche de 6,600 volumes.
- Sur la pente rapide et dépouillée du Mont-Mimat, qui a donné son ancien nom
(Mimate) à la ville, se trouve l'ermitage de Saint Privat, taillé
en partie dans le roc. Cet ermitage est à 200 mètres au-dessus de la ville, élevée
elle même de 690 mètres au-dessus du niveau de la mer. La hauteur absolue du Mont-Mimat
est d'environ 1,100 mètres.
BAGNOLS,
à 3 lieues E. de Mende. Pop. 398 hab. ( 1835 ; 243 en 2002)
- Le village de Bagnols est bâti en amphithéatre dans un terrain schisteux et pyriteux
qu'environnent et que surmontent des masses calcaires.
Il doit son origine à une source
d'eau thermale qui sort d'une grande voûte au bas du village, et qui fournit 172 mètres
cubes d'eau, par 24 heures.
- L'établissement thermal renferme huit baignoires et deux piscines ; l'eau est à 45
degrés centigrades ; elle est d'une couleur légèrement opaline et contient du muriate
de magnésie et du sulfate de chaux ; on l'emploie contre les rhumatismes et les
paralysies ; on l'administre en bains, en douches et en boissons. On fait aussi un très
grand usage des étuves.
CHATEAUNEUF-RANDON , chef-Iieu de cant., à 6 lieues N.-E.de Mende. Pop. 607 hab.( 1835 ; 532 en 2002)
- Cette petite ville, située sur une montagne, était autrefois fortifiée et fut
jusqu'à la fin du XVIIe siècle le siége d'une des barounies du Gévaudan.
- Châteauneuf était défendu par le château de Randon, dont on y voit encore les ruines
et qui Iui a donné son surnom. Il doit sa célébrité au siége que les Anglais y
soutinrent en 1380, contre le fameux connétable Duguesclin.
Le gouverneur avait promis de se rendre dans 15 jours s'il n'était pas secouru ; dans
l'intervalle, Duguesclin tomba malade, et sentant sa fin prochaine, embrassa les vieux
capitaines qui l'entouraient et leur recommanda en mourant de ne point oublier que "qu'en quelque pays qu'ils fissent la guerre, les gens d'église, les femmes, les
enfants et le pauvre peuple n'étaient point leurs ennemis" ; il mourut le lendemain.
- Le maréchal de Sancerre s'avanca sur les bords du fossé de la ville assiégée, et
somma le gouverneur de rendre la place, ainsi qu'il l'avait promis ; le gouverneur
répondit q'il avait donné sa parole à Duguesclin, et qu'il ne la rendrait qu'a lui.
Alors Sancerre avoua que le connétable n'était plus : ' Et, bien ! reprit le gouverneur,
je porterai les clefs de la ville sur son tombeau..'
Sancerre revint tout préparer pour cette cérémonie extraordinaire. On ôta de la tente
du héros tout ce qu'elle renfermait de lugubre : son cercueil fut placé sur une table
couverte de fleurs. Bientôt on vit le gouverneur de Châteaneuf-Randon sortir de la place
à la tète de sa garnison ; il traversa l'armée au bruit des trompettes, et arriva dans
Ia tente de Duguesclin : les principaux officiers de l'armée, debout et silencieux,
y étaient rassemblés. Le gouverneur se mit à genoux devant le corps dit connétable et
posa les clefs sur son cercueil !
- La route de Mende au Puy passe au pied de la
montagne au sommet de laquelle s'élève Châteauneuf-Randon ; sur cette route, au hameau
de Ia Bitarelle, on a construit, an 1820, un monument à Duguesclin.
ESTABLES, à 3 lieues N. de Mende. Pop. 650 hab.(1835 ; 771 en 2002)
- C'est prés de la commune d'Estables que se trouve le plus haut plateau granitique du
pays ; c'est une ramification de la Margeride ; il y a environ 1,550 mètres au-dessus de
la mer : on le nomme le Palais du Roi , sans doute parce qu'on remarque dans
le voisinage les ruines d'un ancien château qui a appartenu aux rois d'Aragon.
GRANDRIEU ch.-l, de cant., à 9 lieues de Mende. Pop. 1.462 hab.(1835 ; 773 en 2002)
- On remarque à Grandrieu une tour carrée qui a servi a la détermination des triangles
de la carte de Cassini.
- La belle route militaire ouverte par Agrippa, qui conduisait de Lyon en Auvergne, dans
l'Aquitaine et en Espagne, traversait le territoire de Grandrieu. - Ou on voit encore
quelques vestiges bien conservés dans divers hameaux de cette commune.
LANGOGNE sur la rive gauche de l'Allier, ch -l. de cant., à 11 lieues
N.-E. de Mende. Pop. 2.720 hab.( 1835 ; 3095 en 2002)
- Cette ville, placée sur un des plateaux les plus élevés du département, est située
a peu de distance de la source de l'Allier ; elle doit son origine à un monastère fondé
dans le Xe siècle par un des vicomtes du Gévaudan, monastère dont la vieille
église subsiste encore et sert d'église paroissiale.
- Langogne a été pendant la Révolution, le chef-lieu d'un district et le siége d'un
tribunal.
- On remarque, dans ses environs, sur le Mont-Milan, les vestiges d'un camp romain.
 |
Tombeau antique de la Nougeole |
LANUEJOLS ou LANOUGEOLE, à 2 lieues E. de Mende.Pop. 650 hab. ( 1835 ; 208
in 2002)
- Un monument romain, le mieux conservé et le plus considérable de tous ceux du
Gévaudan, se trouve à l'entrée de ce village.
Divers auteurs l'ont désigné à tort comme mausolée Munatius Plancus, le fondateur de
Lyon, dont le tombeau existe, sur l'itinéraire de Vaysse de Villiers, à Gaëte, dans le
royaume de Naples.
- L'architecture du monument de Lanuejols, indique un monument du IIIe
siècle. C'est un quadrilatère dont chaque côté est tourné vers un des points
cardinaux : les faces extérieures ont une Iargeur de 6 mètres 75 centimètres, chaque
angle est décoré de pilastres d'ordre corinthien ; l'ordonnance générale de l'édifice
offre quatre portiques diversement décorés.
- Plusieurs anciens châteaux existent sur le territoire de Lanuejols ; on remarque le
château du Boy et les ruines de celui de Chapieu, qui appartenaient à l'ancienne maison
de Châteauneuf-Randon, de laquelle sont sorties celles de d'Apchier et de Joyeuse.
Autre site http://f.mejean.free.fr/lanuejols.htm
LAUBIES
(LES), sur
la Trueyre, à 6 lieues N. de Mende. Pop. 721 hab.( 1835 ; 147 en 2002)
- Il existe, dans un des villages qui dépendent de cette commune, au Mazel, une source
d'eau minérale acidule, estimée presque à l'égal de celle de Vals (Ardèche), et qui,
depuis quelque années, attire sur les lieux un grand nombre de buveurs.
NAUSSAC,
à 11lieues N.-E. de Mende, Pop. 409 h.( 1835 ; 189 in 2002)
- On voit dans cette commune les ruines du château de Naussac, qui dépendait autrefois
de l'abbaye des Chambons. L'héroïque évèque de Marseille, Belzunce, qui était aussi
abbé des Chambons, venait souvent, pendant la belle saison, habiter ce château ; ce fut
là qu'en 1722, après la peste de Marseille, il se retira pour respirer un air frais et
pur.
- Le lieu élevé où Naussac est situé se nomme dans le pays le Ragnon des Montagnes de
la Lozère.
SAINT-AMANS, ch.l. de cant., a 5 lieues N. de Mende. Pop. 323 hab.Pop. 323
hab.( 1835 ; 133
in 2002)
- Ce village, où est placé le premier relais de la poste de Mende à Saint-Flour,
renferme sur son territoire à la Cham de la Roche, le point le plus élevé de cette
route, se trouve à 1,328 mètres au-dessus du niveau de la mer.
- Saint-Amans est placé au milieu des montagnes ; ses maisons y sont toutes bâties en
granit. Le pays environnant offre beaucoup de genèts et de pâturages mêlés de masses
granitiques, est sillonnés par des ruisseaux, des torrents et des cascades.
- La route serpente à travers les montagnes, à une hauteur de 800 à 1.000 mètres
au-dessus du niveau de la mer.
SAINT-JULIEN-DU-TOURNEL, sur la rive gauche du Lot, à 5 lieues E. de
Mende. Pop. 1,133 hab.( 1835 ; 109
in 2002)
- Cette ville tire son origine et son nom d'un ancien château appartenant à une des plus
illustre maisons de France au XIIe et au XIIIe siècle, dont était
membre le chevalier Guérin, évèque de Senlis et chancelier de France, qui, en 1214,
commandait, à Bovines, l'armée de Philippe-Auguste.
- Le château de Tournel était une des huit baronnies du Gévaudan.
- Des mines de plomb qui ont été anciennement exploitées existent sur le territoire de
Saint-Julien ; on y voit encore les restes des fonderies qu'y avaient établies les
Sarrasins.
VILLEFORT, sur la Devèze, ch.-l. de cant., à 11 lieues E. de Mende. Pop. 1.516 hab.( 1835 ; 620 in 2002)
- Cette ville est fort ancienne et doit son origine à des mines de plomb argentifère et
de cuivre qui y sont exploitées depuis environ 70 ans.
- Elle est située au pied de la montagne de Ia Lozère, dans un vallon étroit, arrosé
par la petite rivière de Ia Devèze.
- Elle faisait autrefois partie du diocèse d'Uzès. Pendant la Révolution , elle fut le
chef-lieu d'un district et le siège d'un tribunal, son importance actuelle dépend
entièrement de I'exploitation de ses mines et de son commerce, car, étant située sur
les limites du département et près des confins des départements du Gard et de
l'Ardèche, elle est la ville de transit des vins, des soies, des sels, des houilles, des
blés, des farines et des châtaignes, que les habitants de l'Ardèche et du Gard
échangent avec ceux de la Loire, de la Haute-Loire, du Puy-de-Dome, etc.
FLORAC ,
sur la rive gauche du Tarnon, ch-l. d'arrond., à 9 lieues S.-S.-E. de Mende. Pop.
2,194 hab.en1835 ( 1996 en 2002)
- Cette ville est ancienne ; elle doit son origine à un ancien château qui avait le
titre de baronnie.
- Elle est agréablement située, sur la rive gauche du Tarnon, près de son confluent
avec le Tarn et la Mimente, dans un étroit vallon couvert de prairies et parsemé
d'arbres fruitiers, les coteaux qui le dominent sont plantés de vignes, surmontés à
l'est par des châtaignier et des chênes, et à l'ouest par une chaîne de rochers
élevés, présentant à leur base une crevasse pittoresque d'où jaillit une source
limpide et abondante qui traverse la ville, où elle forme deux beaux bassins tombant en
cascades l'un dans l'autre, et dont les eaux font mouvoir plusieurs moulins avant de se
mêler avec celles du Tarnon.
- Florac ne se compose guère que d'une seule rue où passe la route, et d'une petite
place.
- On considère la source de Florac comme
minérale et acidule.
ISPAGNAC
Sur la rive droite du Tarn, à 2
lieues N.-O. de Florac. Pop. 1.885 hab.en 1835 ; 759 in 2002)
Ce bourg très agréable est bâti dans un joli vallon, sur les bords du Tarn.
On y voit quelques constructions particulières remarquables. Si l'on devait ajouter foi
au Dictionnaire Universel de la France, il existerait, dans les
environs, une mine de plomb argentifère assez riche, puisqu'elle donnerait 33 livres de
plomb et 8 onces d'argent par quintal de minerai.
- La route de Mende à Florac passe par Ispagnac, et traverse le plateau calcaire et aride
qui sépare le bassin du Tarn de celui du Lot ; cette haute plaine porte le nom de Causse
de Sauveterre ; privée d'arbres, de ressources et presque de terre végétale, elle
est frappée d'une affreuse stérilité qui n'a permis à aucune habitation de s'y
établir.
On trouve seulement, à un quart de lieue, sur la gauche de la route, dans un petit
enfoncement, le Fressinet, misérable hameau où le relais de poste est placé.
- La Causse de Sauveterre a une largeur d'environ 3 lieues, et est élevée
de 975 mètres au moins au-dessus de la mer.
- Le froid, la neige et les tourmentes en rendent quelquefois le trajet périlleux ; dans
des hivers rigoureux, des voyageurs y sont morts.
Anciennes
cartes postales d'Ispagnac
Office de Tourisme des Gorges et Grands
Causses
MEYRUEIS, ch.-l. de cant., à 6
lieues S.-O. de Florac. Pop. 2,092 hab.
On voit, dans le flanc d'une colline, près de cette ville, trois grottes dont la
première n'est remarquable que par un grand arceau naturel, si régulier, qu'il semble
tracé par un architecte.
- Les deux autres sont plus grandes et renferment un grand nombre de stalactites
variées de diverses couleurs. S'il faut en croire la description qu'en a donnée un
académicien de Béziers, on trouve, dans leur forme fantastique, des représentations
d'animaux terrestre, d'oiseaux, d'arbres, de fleurs, de fruits, ainsi que des statues, des
pyramides, des colonnes, etc.
- Il existe, aux environs de Meyrueis, des mines de houille non exploitées.
Anciennes
cartes postales de Meyrueis
Office de
Tourisme
QUEZAC, sur la rive gauche du Tarn, à 2 lieues N.-O. de Florac. Pop.
1.241 hab.en 1835 ( 245
en 2002)
- Ce bourg, déjà ancien, doit sans doute son origine à une source d'eau minérale
froide et acidule qui depuis long-temps possède une grande réputation dans le Gévaudan
et dans les pays environnants. On y remarque un pont gothique sur lequel est bâtie une
chapelle, et qui a été construit aux frais du pape Urbain V, natif du village de
Grisac, près Florac.
Anciennes
cartes postales de Quezac
2 sites l'eau de quezac :
Quezac,
eau minérale naturelle gazeuse. - ... Quezac - Perrier Vittel SA, ... Quezac -
Perrier Vittel SA Molines 48320 Ispagnac. http://www.lozere-visite-entreprise.com
Ecole
de Villefort - Quezac - Sommaire - De l'eau en bouteille Nos réserves d'eau
potable Les différents types de sources Sources froides Sources chaudes Les nappes
phréatiques Formation ... http://ecole.wanadoo.fr/epvillefort/cycle3/reportag/quezac/html/sommaire.html
SAINTE-ENIMIE, sur la rive droite
du Tarn, ch.-l, de cant., à 5 lieues O. de Florac. Pop. 1,219 hab.
- Cette petite ville est située au milieu de montagnes hautes et escarpées ; elle est
très ancienne et doit son nom a un monastère de religieuses de l'ordre de Saint-Benoit
qui, d'après une ancienne légende, aurait été fondé dans le VIIe
siècle, par la princesse Enimie, fille de Clotaire Il, fils de Chilpérie.
Cette légende est assez curieuse : elle rapporte qu'Enimie, également belle et
vertueuse, avait résolu de se consacrer à Dieu, qu'elle pria, son pére voulant la
marier, de la rendre si difforme que personne ne voulut l'épouser ; sa prière fut
exaucée, et une lèpre affreuse couvrit son corps et son visage ; quelques temps après,
ayant désiré être guérie, il lui fut révélé qu'elle ne trouverait sa guérison que
dans les eaux d'une source, la Burle, qui se jette dans le Tarn, pres du
lieu où est aujourd'hui Sainte-Enimie.
La princesse arriva à cette source après bien des fatigues et fut guérie ; mais toutes
les fois qu'elle voulait sortir du vallon, la lépre lui revenait.
Enimie crut que Dieu lui ordonnait de passer ses jours dans cette solitude et y fonda un
monastère dont elIe devint l'abbesse ; elle ne quitta plus le cloître que pour aller
prier dans une grotte qui existe encore et sur laquelle on a, par la suite, bâti une
chapelle en son honneur.
Deux siècles après la mort d'Enimie, les religieuses du monastère qu'elle avait fondé,
tombèrent dans un si grand relâchement, que l'évèque de Mende se cru obligé de les
remplacer par des bénédictins tirés du monastère de Saint-Chaffre, près du Puy.
L'acte de donation du monastère de Sainte-Enimie, a I'abbaye de Saint-Chaffre, fut passé
à Rome, dans le IXe siècle, devant le tombeau de Saint-Pierre et en
présence du pape Agapet.
Anciennes
cartes postales de Sainte Enimie
Office de
tourisme Gorges and Grands Causses
SAINT-PREJET, sur la rive gauche du Tarn, à 10 lieues O. de Florac.
Pop. 394 hab.
Les rives du Tarn présentent un grand nombre de sites sauvages et pittoresqies.
On y remarque surtout le Pas du Souci, auprès de Saint-Prejet où deux montagnes
rapprochées à leurs sommets semblent inviter un hardi ingénieur à les rèunir par un
pont qui se trouverait placé a six cents mètres d'élévation.
- Les eax de la rivière s'engouffrent au-dessous entre deux énormes rochers
appelés l'un Roc-Sourde, et l'autre Roc-Aiguille et contenues par ces
digues gigantesques, suivent leur cours avec un mugissement que les échos augmentent et
font retenir au loin.
MARVEJOLS, sur la rive
droite de la Colagne, ch.-l. d'arron., à 7 lieues O.-N.-O. de Mende. Pop. 3,885 hab.
- Cette ville est située dans un vallon riant, arrosée par la Colagne affluent du Lot ;
c'est une ville trés ancienne et qui eut de l'lmportance à l'époque des guerres contre
les Anglais. Les habitants se signalèrent alors tellement, que Charles V, en faisant de
leur cité le siège d'un justice royale, leur accorda trois consuls dont le premier eut
entrée aux Etats-Genéraux du Languedoc, pour le diocèse de Mende.
- Les armes de Marvejols étaient, à cette époque, un château d'argent ; le Roi Charles
VII y ajouta au-dessus de Ia maîtresse tour, une main armée, tenant une fleur de lis
d'or, et ce à cause des services que les habitants avaient rendus à l'Etât, guerris
durantibus, ainsi s'exprime la charte.
- Marvejols a beacoup souffert pendant les guerres civiles et religieuses. En 1586 le duc
de Joyeuse, commandant l'armée de Henri lII. s'en empara, la pilla, la bruIâ et en fit
raser les murailles.
- Six ans après elle fut rebâtie : Henri IV encouragea sa reconstruction par ses
bienfaits.
- Ce désastre servit du moins à l''embellissement de Ia ville, qui est maintenant
régulière, bien bâtie et bien pavée, et décorée de plusieures fontaines ; on y voit
une assez belle place ornée aussi d'une fontaine avec deux bassins.
- Les eaux de Ia Colagne passent pour bonnes pour la teinture ; un canal de dérivation
les conduit dans le faubourg de Barri, où elles servent à plusiers ateliers de
teinturerie et font tourner divers moulins.
CANOURGUE (LA), sur l'Urugne, ch. l. de cant. à 4 lieues
S.-S.-O. de Marvejols. Pop. 1,85 hab.
-Cette ville, située dans un vallon agréable et fertile, est fort ancienne ; on y voit
les vestiges d'une fontaine qu'on croit de constroction gauloise, et les ruines d'un
ancien fort, dit fort de Saint-Amand.
-Des fouilles faites en 1829, dans les environs de la Canourgue, y ont fait découvrir des
vases un grand nombre de débris de poterie romaine, une meule en pierre et de l'argile
figuline, ce qui a fait supposer qu'il y existait, du temps des Romains, une fabrique de
poterie.
- Cette ville possédait dans le XIe siècle, outre son église paroissiale,
une abbaye dont les moines étaient mariés pour la plupart, et que, dans le but d'y
rétablir la discipline réunit en 1050, aux bénédictins de Saint-Victor de Marseille.
- La Canourgue est depuis un temps immémorial le centre d'une fabrication de serges et
d'étoffes de laine, connues sous le nom de cadis de la Canourgue. Cette fabrication
donnait Iieu à un commerce très étendu : les cadis de la Canourgue étaient avant la
révolution, les seules doublures que l'on employât pour l'habillement des troupes.
CHANAC, sur la rive gauche du
Lot, ch. l. de cant. à 3 lieues S. de Marvejols. Pop. 1,881 hab.
- Le territoire qui environne cette petite ville offre plusieurs monuments druidiques, et
entre autres des dolmens à l'Aumède et aux Fonds.
- On voit a Chanac les ruines de l'ancien Château des évèques de Mende, qui dominent un
vallon assez étendu, traversé par le Lot, sur lequel on a rècemment construit un
beau pont en pierre.
CHIRAC,
sur la rive droite de la Colagne, à 1 lieu S.-O.de Marvejols. Pop. 1,238 hab.
- Le territoire de Chirac renferme aussi plusieurs monuments druidiques.
Les Anglais, qui ravageaient Ie pays au XIVe siècle, éprouvèrent, près de
cette ville, une défaite complète. Le lieu où ils furent battus porte encore
aujourd'hui le nom de Cimetière des Anglais.
GREZES, à 4
lieues S.-E. de Marvejols. Pop. 458 hab.
- Grégoire de Tours fait mention du château de Grèzes, Castellum Gredonense,
qui, au commencement du Ve siècle, fut attaqée inutilement par
les Vandales. Saint Privat s'y était réfugié avant son martyre.
- Ce château devint, par la suite le chef-lieu de la vicomté de Gévaudan, qui
appartint successivement au comte de Toulouse et aux rois d'Aragon. En 1617, le château
de Grèzes fut pris par les protestants, et Louis XIII, en 1632 le fit démolir .
- On remarque près Grèzes une grotte qui renferme des belles stalactites et stalagmites.
JAVOLS, à 5 lieues N. de Marvejols. Pop. 1,881 hab.
Cette Commune, située sur le Tréboulin , et qui, comme la plupart
des autres communes du département renferme un grand nombre de villages, occupe
I'emplacement i'une ancienne ville gauloise (Gabalum), cité et capitale des Gabali,
premiers habitants du Gévaudan.
- Cette ville était devenue au IIIesiècle, le siége d'un évèché ; eIIe
fut saccagée par les Vandales aux Ve et VIe siècles, et
entièrement détruite par les Sarrasins au commencement du VIIIe ; déjà le
siège episcopal avait été transféré à Mende.
Javols n'est plus aujourd'hui qu'un simple village où l'on ne retrouve aucune trace de
son ancienne splendeur ; tous les monuments dont les Romains l'avaient ornée, ayant été
détruits lors de ses désastres.
- En 1892, en extrayant des pierre pour la restauration de l'église paroissale, on trouva
une enceinte circulaire de murailles assez vaste, formant probablement un cirque au milieu
de laquelle était une colonne en pierre calcaire, dédiée, ainsi que le portait
une inscription latine, par la cité des Gabales à Posthume qui, après avoir été
préfet des Gaules. devint empereur en 258.
Cette découverte donna l'éveil, on fit d'autres fouilles, et on reconnut les vestiges
d'édifices considérables ; parmi les décombres, se trouvèrent des statuettes de dieux
lares et autres, des couteaux, des médailles, des styles, des clefs, des ustensiles en
bronze, des débris de poterie rouge et grise, avec des dessins en relief (représentant
des feuilles, des fleurs, des sujets de chasse, etc.), des fragments de marbre précieux
et de pavés en mosaïque.
- Les médailles ont été déposées au musée de Mende ; elles sont de la colonie de
Nismes, avec l'effigie des enfants d'Agrippa, d'Auguste, ayant au revers l'autel de Lyon,
consacré à Rome et à cet empereur, par soixante nations gauloises, su confluent de la
Saône et du Rhône ; de Tibère, de Claude, de Domitien, de Trajan, d'Hadrien, d'Antonin,
de Marc-Aurèle et de Claude le Second dit le Gothique.
MALZIEU (LE) sur la Trueyre,
ch.-l. de cant., à 10 lieues N.de Marvejols. Pop. 1,076 hab.
- Le Malzieu dépendait autrefois du duché de Mercoeur ; qui était formé de plusieurs
communes situées en Auvergne et en Gévaudan, le duc était un des huit barons du
Gévaudan, et avait entrée aux états du Languedoc et du pays. Le Malzieu avait une
justice particulière pour toutes les communes de la baronnie de Mercoeur, qui
ressortissait du parlement de Paris en vertu d'une transaction faite en 1312, entre les
habitants de cette ville et le bailliage du Gévaudan.
- En 1573 et en 1577, les protestants assiégèrent et prirent le Malazieu ; en
1586, le duc de Joyeuse s'en empara. Cette ville a dû, de nos jours, a l'un de ses
honorables citoyens, le général Brun de Villeret, l'établissement d'une fabrique de
couvertures de laine qui a accru l'industrie locale.
MONASTIER, 5 lieues S. de
Marvejols. Pop. 534 hab.
- Ce village doit son origine et son nom à un ancien couvent de Bénédictins qu
dépendait de Saint-Victor de Marseille, et dans lequel Guillaume de Grimoard, qui devint
pape sous le nom d'Urbain V, avait fait son noviciat.
Une partie de l'église de l'abbaye existe encore et sert de paroisse. C'est un vaisseau
gothique ; les chapitaux des colonnes et des pilastres qui supportent la voûte, sont
ornés de sculptures offrant des figures grotesques et des animaux fantastiques. A la
porte du chur on remarque les armes d'Urbain V.
NASBINALS , ch.-l. de cant., à 12 lieues N.-O. de Marvejols. Pop. 1,214 hab.
- L'église de Nasbinals est remarquable par son clocher octogone; ou en fait remonter la
construction au XIVe siècle, à l'époque où les Anglais occupaient le pays.
SAINT-ALBAN, à 9 lieues N.-N.-E. de Marvejols. Pop. 2,470 hab.
Canilhac fut, jusque dans le XVIIIe siècle le siège d'une des baronnies
du Gévaudan, qui fut transferé à St. Alban par lettres-patentes1743 (ou 1748 ?)
- Le château de St.-AIban appartenait à la maison de la Morangiès ; c'est aujourd'hui
une propriété départementale ou l'on a établi un hospice pour les femmes aliénées.
SAINT-CHELY-D'APCHER, ch.-l. de cant., à 8 lieues N. de Marvejols. Pop.
1,651 hab.
- Cette petite ville qui pendant la révolution, fut le chef-lieu d'un district et le
siège d'un tribunal est le centre du commerce des laines du pays ; elle est située
au milieu des montagnes.
- A une lieue au nord , sur la partie du plateau qui parait en être le point culminant,
on remarque d'énormes blocs de granit, epilés les uns sur les autres et plus au
moins arrondis ; quelques-uns ressemblent à des meules de moulin, plusieurs de ses
blocs ne touchent que par un point à ceux qui leur servent de base. Il en est qui sont
placés en équilibre et qu'une pression légère suffit pour remuer, bien qu'il soit
impossible de les déplacer. Les habitants du pays les appellent les Rochers de Lagarde
nom du village le plus voisin.
SALMON, sur la rive gauche du Lot, à 7 lieues S.-O. de
Marvejols. Pop. 1,477 hab.
- L'église de Salmon a été bâtie aux frais du pape Urbain V ; on voit ses armes sur
I'un des murs exterieurs. Un des villages qui dépendent de la commune de Salmon,
Montjézieu était, antérieurement au XIVe siècle le chef- lieu d'une
colonie juive ; il existe, dans d'autres hameaux voisins, à Booz, à Reilhes et à la
Tieul, des tombeaux juifs creusés dans le rocher.
- Le pont sur le Lot qui conduit de Salmon à Montjézieu, est remarquable par I'ouverture
et l'élévation de l'arche qui le forme.
LEVER DE SOLEIL
Un des plus beaux spectacles qu'offrent
les pays montagneux comme le département de la Lozère, est celui du lever du soleil,
quand les brumes du printemps ou brouilllard de I'automne enveloppent encore les sommets
et comblent pour ainsi dire Ies vallées.
Nous avons été frappé de ce tableau merveilleux sur les chaînes qui bordent les
vallées du Tarn et du Lot, et nous résisterions difficilement au plaisir de le
présenter à nos lecteurs, si nous n'en trouvions une description pleine d'éclat dans un
ouvrage de M.Thiers:
"Tandis que je gravissais", dit l'écrivain, "par une matinée très
froide, le sentier escarpé qui conduit au haut de la montagne, un brouillard épais
remplissait l'atmosphère.
Je voyais à peine les arbres les plus voisins de moi, et leurs troncs se dessinaient
comme des ombres à travers la vapeur.
Arrivé au sommet je fut ravi de me trouver au pied d'une gothique chapelle et ses ogives,
ses arcs si divisés ses fenêtres au forme de rosaces, ses vitraux de couleur, a moitié
brisés, me charmèrent.
Enfin, me dis je en passant sous l'antique porte, voici une véritable abbaye.
Le soleil, se levant à peine, donnait un relief extraordinaire à tous les objets.
Le brouillard, que j'avais un instant auparavant sur la tête, était alors au-dessous de
mes pieds, il s'étendait comme une mer immense, et allait flotter contre les montagnes et
jusque dans leurs moindre sinuosités.
Je voyais des bouquets d'arbres dont le tronc était plongé dans la vapeur, et dont la
tête paraissait à peine; des châteaux à quatre tours, qui ne montraient que
leurs cones d'ardoise.
La moindre brise qui venait soulever cette masse l'agitait comme une mer. Auprès de moi,
elle venait battre contre les rochers, et j'aurais été tenté de me baisser pour y
puiser comme dans un liquide.
Bientôt le soleil la pénétrant, l'agita profondement, et y produisit une espéce de
tourmente. Soudain elle s'éleva dans l'air comme une pluie d'or ; tout disparut à
travers cette vapeur de feu, et le disque mème du soleil fut entièrement caché.
Ce spectacle avait le prestige d'un songe; mais un instant après, cette pluie retomba,
l'air se retrouva aussi pur, le brouillard aussi épais, mais moins élevé.
Grâces à cet abaissement de nouveaux arbres montraient leurs tètes, des coteaux
inaperçus tout à l'heure présentaient leurs cimes grises oui verdoyante.
Ce mouvement d'absorption se renouvela plusieurs fois, et à chaque reprise, le
brouillard, en retombant, se trouvait abaissé, et une nouvelle zone était découverte:
enfin la vallée se montra délivrée des brouillards, fraiche de la rosèe et brillante
du soleil.
Dans ce moment le voile était tiré ; je voyais tout, jusqu'à l'écume des
torrents et au vol des oiseaux ; l'air était parfaitement pur ; seuIement quelques
nuages, qui se trouvaient sur la direction ordinairement plus froide des eaux ou des
courants d'air, circulaient encore dans le milieu du bassin, se traînaient peu à peu le
long des montagnes, remontaient dans leurs sinuosités, et venaient se reposer enfin
autour de leurs pointes les plus élevées, où ils ondoyaient légèrement.
Mais la vallée, comme une rose fraichement épanouie, me montrait ses bois, ses coteaux,
ses plaines vertes du blé naissant, ou noires dun récent labourage ; ses étages
nombreux couverts de hameaux et de pâturages; ses bosquets flétris mais conservant
encore leur feuillage jaunâtre ; enfin des glaces et des rochers menaçants.
Mais ce qu"il est impossible de rendre, c'est ce mouvement si varié des
oiseaux de toute espèce, des troupeaux qui avançaient lentement d'une haie à l'autre,
de ces chevaux qui bondissaient dans les pâturages ou au bord des eaux ;
ce sont surtout ces bruits confus de sonnettes des troupeaux, des aboiements des chiens,
du cours des eaux et du vent, bruits mêlés adoucis par la distance, et qui, joignant
leur effet à celui de tous ces mouvements, exprimaient une vie si étendue, si variée,
et si calme.
Je ne sais quelles idées douces, consolantes, mais infinis, immenses, s'emparent de
l'âme à cet aspect, et la remplissent d'amour pour cette nature et de confiance en ses
oeuvres."
DIVISION POLITIQUE ET ADMINISTATIVE.
POLITIQUE- Le département nomme 3 députés.
- Il est divisé en 3 arrondissements électoraux, dont les chefs-I. sont: Mende, Florac
et Marvejols
- Le nombre des électeurs est de 621.
ADMINISTATIVE - Le chef-lieu de la prefect. est Mende,
Le département se divise en 3 sous-préf. ou
arrond. commun.
Mende
7 cantons,
62 communes,
45.440 habit.
Florac
7
51
41.525
Marvejols
10
76
53.382
Total .
24 cantons, 189
communes,
140.347 habit.
Service du trésor public.
- 1 receveur général et 1 payeur (résidant à Mende), 2 receveurs particuliers, 3
percept. d'arrond.
Contributions di'rectes. - 1 directeur à Mende) , et 1 inspect.
Domaines et Enregistrement. - 1 directeur ( à Mende), 1 inspecteur, 2
vérificateurs.
Hypothèques. - 3 conservateurs dans les ch.-l. d'arr. commun.
Contributions indirectes. - 1 directeur à Mende , 3 receveurs entreposeurs.
Foréts- Le départ. fait partie de la 29e conservatoin
forestière, dont le chef-lieu est Privas.
Ponts-et-chaussées. - Le département fait partie de la 12e inspection, dont
le chef-lieu est Clermont-Ferrand. - Il y a 1 ingénieur en chef en residence à Mende.
Mines. - Le département fait partie du 16e arrondissement et de la 5edivision,
dont le chef-lieu est Montpellier.
Haras. - Le département fait partie, pour les courses de chevaux , du 6e
arrondissement dont le chef-lieu est Aurillac.
MILITAIRE - Le département fait partie
de la 9e division militaire, dont le quartier géneral est à Montpellier. - Il
ya à Mende : 1 maréchal de champ commandant la subdivision ; 1 sous-intendant
militaire.- Le dépot de recrutement est à Mende. - La compagnie de gendarmerie
départementale fait paitie de 15e légion dont le chef-lieu est à Nimes.
JUDICIAIRE - Les tribunaux sont du ressort de
la cour royale de Nimes.
Il y a dans le département 3 tribunaux de 1re instance
à Mende (2 chambres), FIorac, Marvejols, qui font l'office de tribunaux de commerce.
RELIGIEUX
Culte catholique - Le département forme le diocèse d'un
évèché érigé dans le Ve siècle, suffragant de l'archevêché de Nîmes,
et dont le siège est a Mende. Il y a à Mende : un diocésain qui compte 90 éléves ;
une école secondaire ecclésiastique.
- Le departement renferme 1cure de 1re classe, 25 de 2e 162
succursales et 131 vicariats. - Il y existe un grand nombre de communautés religieuses de
femmes, tenant des pensionnats, s'adonnant à l'éducation des jeunes personnes du sexe,
des pauvres filles, ou bien se livrant uniquement à la prière et aux travaux manuels.
Culte protestant. - La 1re à Meyrueix, desservie par 2 pasteurs et
divisée en 2 sections (Meyrueix, Vébron) ;
la 2e à Florac desservie par 3 pasteurs et divisée en 3 sections (Florac,
Saint-Julien,N...) ;
la 3e à Vialas, desservie par 2 pasteurs et divisée on 2 sections (Vialas,
Lacombe-de-Ferrière) ;
la 4e à Barre, desservie par 3 pasteurs et divisée en 3 sections (Barre,
Pompidou, Sainte-Croix-la-Vallée-Française) ;
et la 5e à Saint-Germain-de-Calberte, desservie par 3 pasteurs.
- Il y a outre dans le département 8 temples ou maisons de prières.
- On y compte 14 sociétés bibliques et 17 écoles protestantes.
UNIVERSITAIRE
Le département est compris dans le ressort de
l'académie de Nimes.
Instruction publique
- Il y a dans le département : - à Mende, 1 collège; 1 école
normale primaire.
- Le nombre des écoles primaires du département est de 318, qui sont fréquentées par
8,573 élèves, dont 5,017 garçons et 3,556 filles. - Les communes privées d'écoles,
sont au nombre de 67.
SOCIETES SAVANTES. - Il existe à Mende, une Société
d'Agriculture, Commerces, Sciences et Arts ;
- à Florac et à Marvejols, des Sociétés d'Agriculture.
POPULATION.
D'après le dernier recensement officiel, elle est
de 140,347 hab., et fournit annellement à l'armée 385 jeunes soldats.
Le mouvement en 1830 a été de,
Mariages
.............................................................................
1.014
Naissances.
Masculins.
Féminins.
Enfants légitimes
1,950
1,835
" naturels
106
100
Total
3,991
Décès
1,613
1,598
Total 3,209
GARDE NATIONAL.
Le nombre des citoyens
inscrits est de 27,873. Dont 10,687 contrôle de réserve. 17,186 contrôle de
service ordinaire.Ces derniers sont répartis ainsi qu'il suit: 17,039 infanterie. - 45
artillerie. 102 sapeurs-pompiers.
On en compte : armés 2,329 ; équipées 863 ; habillés 3,522 ; 8,973 sont susceptibles
d'être mobilisés.
Ainsi, sur 1,000 individus de la population générale, 190 sont inscrits au registre
matricule, et 64 dans ce nombre sont mobilisables ; sur 100 individus inscrits sur le
registre matricule, 62 sont soumis au service ordinaire, et 38 appartiennent a la
réserve.
IMPOTS ET RECETTES.
Le département a payé à l'Etat (1831)
Contributions directes .........................................1,215,248f 30c.
Enregistrements, timbre et domaines..................... .546,828 55
Boissons, droits divers, tabacs et poudres............ . 230,740 42
Postes..................................................................... 51,364
18
Produit des coupes de
bois...................................... 33 80
Produits divers........................................................
2,904 69
Ressources extraordinaires..................................... 199,256 87
Total...............................2,256,376f 81c.
|
| Il a reçu du trésor 1,777,870 fr. 69c. dans
lesquels figurent:
La dette publique et les dotations pour .................. 169,952 f. 47 c
Les dépenses du ministre de la justice...................
91,992 24
de l'instruction publique et
des cultes. 312,627
47
du commerce et des travaux
publics. 468,001
03
de la
guerre..........................................
307,576 90
de la
marine.........................................
61 03
des
finances.......................................
51,111 70
Frais de régie et de perception des impôts.
245,077
59
Remboursem., restit., non-valeurs, primes.
131,470
26
Total ........................ 1,777,870 f 69 c. |
Ces deux sommes totales de paiements
et de recettes représentant, à peu de variations près, le mouvement annuel des impôts
et des recettes, le département paie annuellement, de plus qu'il ne reçoit, 478,506 fr.
12 c.
Cette somme, absorbée par les frais du gouvernement central, équivaut au 12e.
de son revenu territorial.
DEPENSES DEPARTEMENTALES.
Elles s'élèvent (en 1831) à 228,720
fr. 02 c.
SAVOIR : Dép.fixes : traitements, abonnements, etc. 54.800f.
Dép. variables : loyers, réparations, encouragements, secours, etc.173,920 02
Dans cette dernière somme figurent pour 15,709 f. les prisons départementales,
39,600 f. les enfants trouvés.
Les secours accordés par l'Etat pour grêle, incendie, épizootie, sont de 31,670 f
Les fonds consacrés au cadastre s'élèvent à
27,441 43 c.
Les dépenses des cours et tribunaux sont de
71,177 33
Les frais de justice avancés par l'Etat de
24,708
37
INDUSTRIE AGRICOLE. (suite L'histoire de la Lozère d'après FRANCE PITTORESQU 1835)
Sur une superficie de 509.543 hectares, le départ. en compte :250,000 mis en culture,
prairies et pâturages.
- 32,599 forêts. -1,928 vignes. -188,531 friches, rochers, etc.
Le revenu territorial est évalué à 5,512,539 francs.
- Le département renferme environ, 8,000 chevaux et mulets. 45,000 bètes à cornes (race
bovine). - 350,000 moutons ; en outre, tous les ans 200,000 moutons transhumants du
Languedoc viennent passer l'été dans les pâturages élevés de la Lozère et de la
Margeride.
- Les troupeaux du département
fournissent chaqué années environ 725,000 kilogrammes de laine.
Le produit annuel du sol est d'environ,
En céréales .............125,000 hectolitres.
En parmentières........ 50,000 id.
En avoines................ 20,000 id.
En vins..................... 50,000 id.
Les habitudes routinières des cultivateurs semblent
concourir, avec la stérilité naturelle du territoire, à retarder les progrès de l'art
agricole ; les montagnes présentent, en beaucoup d'endroits, des obstacles qui
ôtent l'espoir de toute amélioration ; cependant le pays est peut être un de ceux qui,
en France, offrent des prodiges de culture.
Dans certaines localités, les vallons situés entre des monts escarpés sont
cultivés comme des jardins ; les flancs des montagnes sont couverts de vignes, d'arbres
fruitiers et de moisons ; mais les pluies, qui entraînent les terres, rendent souvent
très pènibles les travaux du laboureur.
- Les moyens de grande culture ne pouvant pas étre employés à cause des montagnes, on
voit peu de grandes fermes.
- Le labourage se fait avec boeufs.
- Les cèréales qu'on récolte sur les plateaux calcaires, .appelées Causses
sont : le froment, l'orge, l'avoine et un peu de seigle.
- Les Montagnes ne produisent que du seigle, très peu d'orge et d'avoine, et des
fourrages.
- On cultive et on récolte une assez grande quantité de pommes de terre dans lés Cévennes,
où elles réussissent parfaitement dans les terrains graniteux décomposés.
- Les navets de Chastel (arrondissem. de Mende) sont justement renommés.
- On estime les fruits de la vallée du Tarn.
- Dans quelques localités, les
habitants font de l'huile avec des baies de genièvre.
- Les pâturages des montagnes sont excellents et nourrissent de nombreux troupeaux dont
la laine est l'objet du travail d'une partie de la population. En effet, la fabrication
des, petits lainages dits cadisserie, est répandue dans les campagnes et presque
dans chaque ménage.
- Quoique placé sous une zone tempérée, le département ne produit que de mauvais vins
et en petite quantité.La vigne n'est cultivée que dans les Cévennes, les vallons
du Tarn, du Tarnon, de la Colagne et dans le territoire de Villefort.
- L'âpreté du climat s'oppose a cette culture dans le reste du pays. - Les vins faits
dans la Lozère supportent difficilement le transport, même d'un canton à un autre. Les
habitants tirent des départements voisins la majeure partie de ceux necessaires à leur
consommation.
- Depuis vingt-cinq ans, les plantations de mûriers se sont multipliées, et l'éducation
des vers à soie a fait de grands progrès dans l'arrondissement de Florac.
Saint-Germain-de-Calberte est le centre de cette branche importante de l'industrie
agricole. Il y existe une filature de soie à la vapeur.
- On s'adonne aussi dans les environs de cette commune à l'éducation des abeilles, trop
négligée dans le reste du département.
- M. Borelli de Serres a introduit la culture du mûrier et l'élève des vers à soie
dans l'arrondissement de Mende.
- Le chanvre est cultivé dans quelques cantons du côté de Saugues, à la Garde
d'Apchier, à Grandrieu , et dans les Cévennes,
- Le lin prospère dans le vallon de Marvejols.
- La garance croit spontanément dans le département, ou il y avait autrefois des
garancières ; on ignore pourquoi eIles ont été abandonnées.
- On y cultivait aussi le safran, qui n'était pas moins estimé que celui du Gâtinais :
on a renoncé à cette culture.
- On y récolte et on y fait sécher les châtaignes pour l'usage de la marine. Cette
dessiccation, qui a lieu au moyen du feu et sur des claies (cledos), assure leur
conservation.
- Les marrons de Planchamp et de la Borne sont fort rechercés et se vendent à Paris sous
le nom de marrons de Lyon. Dans les Hautes-Cévennes, où a lieu la récolte
des châtaignes, les cultivateurs élèvent quelques cochons.
- D'autres spéculent sur les mulets achetés jeunes dans le Poitou et dans l'Auvergne, et
apres les avoir élevés les revendent dans les départements du midi et en Espagne.
- Peu d'élevages des boeuf, qui sont généralement employées aux travaux agricoles.
EMIGRATIONS.
Chaque année un grand nombre d'ouvriers émigrent dans le midi de la France, où ils
s'occupent des travaux de la fenaison et de la moisson, et du soin des vers à soie.
Quelques-uns vont jusqu'en Espagne, ou ils sont connus sous lancien nom de Gavachos,
et où on les emploie à tous les ouvrages pénibles.
Les habitants du Gévandan suppléent ainsi par leur industrie à la pauvreté de leur
territoire. La plupart des émigrants appartiennent à la partie orientale du départ. ou
aux Cévennes proprement dites.
CHATAIGNES.
Les châtaignes font la base de la nourriture des habitants des Cévennes pendant
plusieurs mois de l'année, et souvent leur unique nourriture.
On les prépare vertes ou sèches. Il y a plusieurs manières de les faire cuire.
La première, avec de l'eau simplement salée ou aromatisée avec des feuilles de céleri,
de sauge, etc.(têtes ou tètas)
Les vertes se cuisent aussi, soit dépouillées, soit enveloppées de leur écorce
(ploumades).
La seconde manière est de les rôtir à la flamme dans une poèle percée de trous
(afachado) ; la troisième, sous la cendre chaude (brasucado); la quatrième; dans un
moulin à brûler le café ; mais dans ces trois dernier cas, chaque châtaigne doit avoir
été légérement coupée avec une couteau jusqu'à la substance blanche du fruit.
Sans cette précaution, elle ferait explosion. - Avec le moulin à café, les châtaignes
cuisent plus également et leur goùt est moins alteré. On laisse dans le moulin une
châtaigne dont l'écorce n'est pas coupée et qui en éclatant annonce que les autres
sont cuites.
- Dans plusieurs départements, la châtaigne, séchée sur les claies, est reduite en
farine, qu'on entasse dans des pots de terre bien bouchés, ou elle se conserve pendant
plusieurs années.
- Cette farine, cuite dans de l'eau ou du lait, et continuellement remuée jusqu'à ce
qu'elle acquière une certaine consistance et ne s'attache plus aux doigts, forme ces
bouillies épaisses dont les Corses sont si friands et qu'ils nomment polenta.
INDUSTRIE COMMERCIALE.
L'exploitation des mines et le service des usines qu'elles alimentent occupent un
grand nombre d'ouvriers.
- Outre du plomb, de l'argent et du cuivre, la fonderie centrale de Villefort livre au
commerce de la grenaille, de la litharge rouge et de l'oxide blanc de plomb.
- La filature de la laine et la fabrication des serges et des cadis ont leur centre dans
l'arrondissement de Mende.
La fabrication des Escots est plus spéciale à l'arrondissement de Marvejols, où il
existe aussi des manufactures de laines peignées et couvertures de laine, des filatures
et des fabriques de toiles de coton, des fabriques de tricots de laine, etc.
Dans cet arrondissement, on fait, a Saint-CheIy, le commerce des cheveux.
- La production et la filature de la soie sont particulières à l'arrondissement de
Florac, où on trouve aussi des filatures de coton et des fabriques de toiles et de
mouchoirs.
- Le département renferme des papeteries, des teintureries, des fabriques de chapeaux
feutrés, des tanneries, des parchemineries, des fabriques de tuiles et de poteries, etc.
RECOMPENSES INDUSTRIELLES.
- En 1834, à l'exposition des produits de l'industrie, il a été accordé UNE MENTION
HONORABLE à MM Jaffart père et fils (de Mende), pour fabrication de papiers et UNE
CITATION MM. Laporte et comp. (de Meyrueis), pour fabrication de pointes, clous, et
aiguilles à bas.
FOIRES.
- Le nombre des foires du département est de 200.
- Elles se tiennent dans 40 communes, dont 20 chefs-lieux, et durant pour plupart 2 à 3
jours, remplissent 216 journées.
- Les foires mobiles, au nombre de 32, occupent 39 journées.
- 149 communes sont privées de foires.
Les articles de commerce sont les bestiaux gras et maigres, les boeufs de labour, les
chevaux, les mulets ; la toile, la laines, la serge, les cadis ; les fromages et les
châtaignes.
BIBLIOGRAPHIE
- Mémoire statistique sur le départ. de la
Lozère, par Jerphanion, préfet ; in-8. Paris, an X.
- Mémoires et analyses des travaux de la Société d'Agriculture, etc., de la ville de
Mende in-8. Mende, 1828.
- Annuaire du département de la Lozère; in-12. Mende, 1828-1833.
- Mémoires historiques sur le pays de Gévaudan et sur la ville de Mende ; in-8. Mende,
1829.
A.HUGO . Paris, - lmprimerie et Fonderie de RIGNOUX et Comp.,rue des
Francs-Bourgeois-Saint-michel, 8.
© 1998
- 2008
causses-cevennes.com - lozere.net
- mentions
légales -
Agence
la Bastide -
creation-internet-site.com
|