Le Gévaudan eut, sous les rois
Francs et sous les Carlovingiens, des comtes particuliers, qui se rendirent héréditaires
dans le Xe siècle.
On voit au XIe siècle qu'un certain Gilbert, qui épousa Tiburge, comtesse de
Provence, se qualifiait de comte du Gévaudan. Ce Gilbert eut une fille qui fut mariée à
Raymond Béranger, comte de Barcelonne, et lui apporta tous ses droits sur le Gévaudan,
le Carladès, etc.
La domination des comtes de Barcelonne, sur le Gévaudan, fut l'occasion de discussions
graves avec l'évêque de Mende, qui se disait aussi seigneur et comte du pays.
Un de ces évêques, Adelbert, alla, en 1161, trouver Louis-le-jeune pour lui faire
hommage du Gévaudan et lui prêter serment de fidélité ; on conçoit qu'il fut bien
accueilli par le Roi qui s'empressa de le reconnaitre comme seigneur du Gévaudan, et lui
céda même les droits régaliens.
Néanmoins, les comtes de Barcelonne continuèrent à jouir de la seigneurie
directe du Gévaudan, où ils possédaient le château de Gredon (Grèze), forteresse
inaccessible, située sur un roc escarpé.
En 1225, Jacques, roi d'Aragon et comte de Barcelonne, se décida à céder Ie chàteau de
Grèze et le Gévaudan à l'évèque et a chapitre de Mende ; mais il y a lieu de croire
que cette cession ne regardait que le titre seigneurial et que Jacques se réservait le
domaine utile, puisque, par une transaction passée en 1255 avec saint Louis, le roi
d'Aragon renonça alors, non seulement à ses droits sur la terre de Grèze, mais encore
à tous ceux qu' il avait sur le Gévaudan.
L'évêque de Mende conserva la souveraineté du pays jusqu'en 1306 ; à cette époque, et
pour mieux s'assurer la possession du reste, il en céda la moitié au roi
Philippe-le-Bel, qui lui accorda le titre de comte du Gévaudan.
On ignore l'époque précise où s'opéra la réunion du Gévaudan au Languedoc, dont il a
depuis partagé toutes les vicissitudes.
Le Gévaudan était divisé en pays haut et pays bas par la rivière du Lot.
ETATS DU GÉVAUDAN
Le Gévaudan avait, avant la révolution de 1789, des états particuliers qui, chaque
année, s'assemblaient alternativement dans la ville de Mende et dans celle de Marvejols.
- L'évêque de Mende en était président ; il y venait assisté de son grand-vicaire,
qui n'y avait ni rang ni voix délibérative, mais qui présidait en l'absence de
l'évêque.
- L'assemblée était composée de 7 représentants du clergé, 20 de la noblesse et 22 du
tiers-état, total 50 membres y compris l'évêque président.
- Les représentants du clergé élaient: un chanoine, député du chapitre de Mende, le
dom d'Aubrac, le prieur de Sainte-Enimie, le prieur de Langogne, l'abbé de Chambons,
le.commandeur de Palhers et le commandeur de Gap-Francès ;
- Ceux de la noblesse: huit barons, qui entraient annuellement aux Etats du pays, et par
tour, de huit en huit ans, aux états-généraux du Languedoc; savoir : les barons de
Tournel, du Roure, de Florac, de Briges (auparavant de Mercoeur), de Saint-Alban(
auparavant Conilhac); d'Apchier, de Peyre, de Thoras (auparavant Senaret) ;
- Douze gentils-hommes, possesseurs de terres ayant le titre de gentilshommeries ; savoir:
Alleux, Montauroux, Dumont, Montrodat, Mirandol, Séverac, Barre, Gabriac, Portes,
Servièrès, Arpajon et la Garde-Guérin. Le possesseur de cette dernière terre prenait,
dans l'assemblée, la qualité de consul noble de la Garde-Guérin.
- Ces barons et gentilshommes pouvaient se faire représenter par des envoyés, qui
n'avaient pas à faire preuve de noblesse; il suffisait qu'ils fussent d'un état
honorable, tel que celui d'avocat ou de médecin.
Lorsqu'il n'y avait point de baron dans l'assemblée, les gentilshommes qui assistaient en
personne étaient à la tête du corps de la noblesse ;
- Enfin, les députés du tiers-état étaient : les trois consuls de Mende, soit que les
états se tinssent à Mende ou à Marvejols ; les trois consuls de Marvejols , quand les
états se tenaient à Marvejols ; et seulement le premier consul, quand ils s'assemblaient
à Mende, un député de chacune des seize villes ou communautés.
- Les officiers du pays étaient le syndic et le greffier institués ou confirmés chaque
année par l'assemblée générale.
- A Marvejols un bailli et des officiers royaux, a Mende, un bailli et des officiers
nommés par l'évêché, administrait alternativement la justice du bailliage de
Gévaudan. Ces deux baillis étaient alternativement aussi commissaires ordinaires dans
les assemblées du pays.
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chimiste Chaptal
membre de l'institut,
ministre de l'intérieur,
sénateur et pair de France |
ANTIQUITÉS
Les antiquités druidiques, assez nombreuses dans le
Gévaudan, sont des dolmens, des peulwans , des pierres branlantes etc.
On cite les dolmens de l'Aumède, des Fonds, de Grèzes, de Malavielhette, du
Montet, etc.; et le peulwan de Sainte-Hélène, sur la rive droite du Lot, qui est nommé
dans le pays Lou Bertel de las Fados ( le fuseau des fées).
- Les Pierres de Lagarde sont considérées par les uns comme des monuments
druidiques, par les autres comme le résultat d'un accident naturel.
- On croit que la fontaine de la Canourge est une fontaine gauloise.
Les monuments de l'époque romaine sont le tombeau de
la Nougeole ou Lanuejols, dont nous parlons plus loin, une voie militaire avec divers
embranchements , un castrum, un camp (celui de Milan), des monnaies, des médailles, des
ustensiles, des fragments de poterie , etc.
- On, a découvert à Pavols, sur l'emplacement de l'antique Gabalum ou Anderitum, les
vestiges d'un cirque, une colonne avec inscription, et d'autre antiquités intéressantes.
Les monuments du moyen-âge sont encore très
multiples; ce sont de vieux châteaux, d'antiques églises, de vieilles abbayes.
- La plupart des châteaux sont recommandables par quelques souvenirs historiques ; les
églises et les édifices religieux offrent de curieux détails d'architecture romaine et
gothique.
On remarque à Auroux une petite cheminée construite du temps des croisades, et qui
a la forme d'un minaret.
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Pont gotique près Mende |
CARACTÈRE, MURS, ETC.
Vivant au milieu d'après montagnes, dans une contrée
pauvre et aride, exposés aux atteintes d'un climat vigoureux, les cultivateurs de la
Lozère ont nécessairement des murs agrestes, des habitudes rudes et grossières.
Néanmoins leur caractère est bon et chaleureux.
Ils sont naturellement doux et mème affables envers les étrangers, paisiblement
soumis aux autorités qu'ils respectent, remplis de vénération et de dévouement pour
leurs parents qu'ils aiment.
Leur vie est laborieuse et pénible; la plupart ont à
lutter contre la stérilité naturelle du pays qui les environne. Leur nourriture est
simple et frugale : elle se compose de laitage, de beurre, de fromage, de lard, de vache
salée, de légumes secs, de pain de seigle. Ils y joignent des pommes de terre ou des
chàtaignes.
Leur boisson habituelle est l'eau de source ; mais on
les accuse d'aimer le vin et de se laisser aller à l'ivrognerie quand les foires ou
d'autres occasions les conduisent dans les villages où se trouvent des cabarets.
Leurs habitations, généralement basses et humides sont incommodes et malsaines.
Les cultivateurs sont fort attachés à leur religion,
et grands amateurs de cérémonies religieuses tous catholiques et protestants, ont un
égal respect pour les ministres de leur culte.
- Ils conservent aussi avec ténacité leurs vieilles habitudes, tiennent à leurs
préjugés, à leur routine agricole et au costume grossier qu'ils portent depuis leur
enfance.
Ils sont peu empressés de changer, même quand leur intérêt doit profiter du
changement . Leur lenteur n'encourage pas des projets d'améliorations.
Les jeunes gens ont un grand attachement pour leur
village.
Ils se soumettent avec répugnance à la loi qui les astreint au service militaire,
et le département est un de ceux où l'on compte le plus de retardataires; néanmoins,
lorsqu'ils ont rejoint le bataillon, ils se montrent soldats intrépides et disciplinés.
Ils sont d'ailleurs très propres aux fatigues de la guerre, étant d'une
constitution forte et d'un robuste tempérament.
Les habitants des villes ont naturellement plus
d'aménité dans le caractère que les habitants des campagnes; comme eux ils sont
économes et laborieux, et cependant hospitaliers et charitables. Deux des prix de vertu
que l'Académie française a distribués en 1832 et 1833, ont été décernés à des
dames du département
Celui de 1833 était de 5,000 fr et fut donné à madame Guiraud (née Suzanne
Géral) , femme du concierge de la maison d'arrèt de FIorac. "Entreprendre de
raconter tous les actes de charité de cette vertueuse femme, dit l'Académie, serait
faire l'histoire entière de sa vie ; il faudrait dire combien de fois elle se dépouilla
de ses vêtements pour en couvrir des prisonniers réduits dénûdement le plus absolu ,
et des pauvres infirmes dont les haillons tombaient en lambeaux : combien de fois elle
leur distribua les aliments préparés pour sa propre nourriture et celle de sa nombreuse
famille ; il faudrait la suivre, lorsqu'elle n'avait plus rien à donner, dans les maisons
particulières où elle alIait mendier pour ses malheureux pensionnaires, le denier de
l'aumône et le pain de la pitié. "
Les habitants de la Lozère ont généralement
de l'intelligence, de l'esprit naturel et un jugement sain.
Ils cultivent peu les lettres et les arts; mais ils réussissent assez bien dans l'étude
des sciences naturelles et mathématiques.
LANGAGE
Le patois de la Lozère participe du patois auvergnat et du Languedocien.
- On y trouve un grand nombre de termes espagnols. La prononciation de quelques mots
d'origine latine ou française y est mème espagnole ; ce qui s'explique par les relations
des anciens habitants du pays avec les peuples de l'Espagne.
- Toutes les fois que, dans un mot, les consonnes ch sont précédées d'une voyelle, on
prononce comme s'il y avait tch.
- Ce patois est en usage parmi les habitants des campagnes et les ouvriers des villes. lI
a de la gràce, de la vivacité, et se prète aux façons de parler énergiques et à
l'expression des pensées caustiques et spirituelles. Les habitants qui parlent français
conservent dans leur langage l'accent particulier aux peuples du midi.
- Pour donner une idée du patois de la Lozère, nous allons citer quelques versets d'une
traduction de la parabole de l'Enfant prodigue.
Un omé abiou dous fils.
Lou pu geouve d'aquélei diguéti à soun pero: "Moun pero, douno mi la part del bè
ché ( prononcez qué), mi deou veni"
Ensi Iou pero li diviset soun bè.
Paou de geours après, aquestè pu geouve fil amasset tout aquo siou, s'en anét din un
peïs éloignat é y dissipét tout soun bè en viven din Ia débaucho ( prononcez
dèbaoutcho)
Après qu'aguét tout despensat arribét uno grando famino dia aquel peïs e el commencét
d'éstrè din l'endigenco.
Alors s'en anét é si méteguét al servissé d'un des abitants d'aquel peïs, che Iou
mandét din sas possessions, per faire paissé lous pouors.
E aouvio bè bougut si rassasia de carrongeos che Ious pouors mangeabou ; mè
persouno noun l'en dounabo. |
Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à sonpère :
"mon père, donnez-moi ce qui doit me revenir de votre bien."
Et leur père leur fit le partage de son bien.
Peu de jours après, le plus jeune de ces deux fils ayant amassé tout ce qu'il avait,
s'en alla dans un pays éloigné, où il dissipa tout son bien en débauches.
Après qu'il eut tout dépensé, il survint une grande famine dans ce pays-là , et il
commença à tomber en nécessité.
Il s'en allait donc, et s'attacha au service d'un des habitants du
pays, qui l'envoya dans sa maison des champs pour y garder les pourceaux.
Et là, il eut été bien aise de remplir son ventre des cosses que les pourceaux
mangeaient ; mais personne ne lui en donnait. |

NOTES BIOGRAPHIQUES
Parmi les hommes distingués à divers titres, qui
appartiennent au département de la Lozère on remarque:
Le pape URBAIN V, le cardinal BLAIN, le chevalier GUERIN, évèque de SenIis,
qui commandait l'armée française à la bataille de Bovines ; le troubadour PERIGON,
fameux au XIIIe siècle : l'illustre chimiste CHAPTAL, qui fut
membre de I'Institut,
ministre de l'intérieur, senateur et pair de France; René de BERNIS, PELET (de la
Lozère), et l'ancien préfet · DE NOGARET, administrateur estimé; plusieurs hommes qui
ont fait partie de nos assemblées politiques pendant la Révolution :
LESTERPS-BEAUVAIS, LESTERPS, MONESTIER, SERVIERES ; divers officiers généraux de la
République et de I Empire - BORELLI, BRUN DE VILLERET, CHALBOS, MEYNADIER, THILORIER,
etc.;
Ie chevalier DU SAILLANT, gentilhomme du Gévaudan, qui commandait le fameux camp de
Jalés; le célèbre RIVAROL, un des plus spirituels littérateurs du XVIIIe siècle
1) Pierre DAUDE, traducteur et biographe; le publiciste SALAVILLE, le médecin BALDIT, qui
fit connaitre les propriétés des eaux thermales de Bagnols ; le physicien BLANQUET,
poète et littérateur ; etc. 
TOPOGRAPHIE
Le département de la Lozère est un département
méditerrané, région du sud, formé principalement du Gévaudan et de parties des
ci-devant diocèses d'Uzés e d'Alais (Languedoc).
- Il a pour limites au nord, les départements de la Haute-Loire et du Cantal, à l'est,
ceux de l'Ardèche et du Gard, au sud, ceux du Gard, et de l'Aveyron ; et à l'ouest,
celui de l'Aveyron. Il tire son nom d'une des principales chaines de montagnes qui le
traversent. Sa superficie est de 509,543 arpents métriques.
SOL.
- Le territoire se divise naturellement en trois régions : au nord, la zone granitique,
au centre, la zone calcaire, à base schisteuse, au sud, la zone purement schisteuse.
Aux deux extrémités du département à l'est et a l'ouest, on remarque quelques
terrains volcaniques.
MONTAGNES.
- Le département est sillonné par pIusieurs chaines de montagnes, ramifications de la
grande chaine des Cévennes.
- La hauteur moyenne de leurs plateaux est de 750 a 1000 mètres au-dessus du niveau de la
mer. Celle des trois grands contre-forts dont ils dépendent (la Margeride, la
Lozere et les montagne d'Aubrac) est de 1350 à 1500 mètres
- Le premier donne naissance à la Trueyre, l'un des principaux affluents du Lot : le
second, au Lot et au Tarn.
- Le troisième, qui s'élèveà I'extémité occidentale du département, sur la
frontière de celui de l'Aveyron, ne renferme la source d'aucune rivière importante.
- A l'est et au sud-est sur Ia limite de I'Ardèche , s'élève Ie groupe principal des
Cévennes orientales qui donne naissance à une grande quantité de rivières, parmi
lesquelles on remarque I AIIier. Le Gard ou Gardon a sa source dans la partie méridionale
où sont les montagnes d'Aigonal.
- Les montagnes du département offrent des vestiges d'anciens voIcans, des roches
escarpées, des grottes ornées de stalactites, de belles cascades, des sites sauvages et
gracieux, enfin tous les accidents pittoresques d'un pays montueux.
La Lozère, qui lui donne son nom, est une chaîne de montagnes qui est moins remarquable
par sa hauteur que par ses beaux pàturages et par la nature des rochers qui la composent
: ce sont des granits quartzeux, mèlés de mica noir et de feldspath. D'énormes blocs,
armés de pointes saillantes, y servent, dit-on, de paratonnerres naturels.
Voici la hauteur des principales montagnes et de quelques Iieux élevés du
département :
Le plateau du Palais du Roi .........1,548 mètr.
La Margeride ...............................1,519
La Lozère.................................. .1,490
La source de l'Allier.....................1,532
La Cham de la Roche. ..................1,328
Le mont Mimat, environ ...............1,111
La Causse de Sauceterre, environ.. 975
Le pont de Langogne..................... 896
La Causse de I'Hospitalet, environ. . 780
Le Bois des Armes (sources du Tarn
et de la Ceze) .................................770
* Quelques auteurs font naître Rivarol dans Ie Gard, d'autres à Bagnols-les-
Bains, dans la Lozère.
FORETS.
- Les grandes forèts du département sont celles de Mercoire, du Fau-des-Armes, du
Calcadis, du Champeros, du bois Noir et de l'Aigonal, composées de chènes, de hètres ou
de pins, celle de Gourdouse, composée de hêtres de l'espèce connue, dans le pays, sous
le nom vulgaire de Fayard. On évalue leur superficie à 32,599 hectares, dont 1,437
appartiennent à l'État, et 2,875 aux communes.
LACS.
- Le département renferme quatre lacs, tous. situés dans les montagnes d'Aubrac.
- Ce sont ceux de Born, de Saint-Andéol, de Soubeyrol et de Saillans.
- La forme circulaire du lac de Born fait croire qu'il occupe le cratère d'un ancien
volcan.
- Le lac de Saint-Andéol, qui est le plus grand, semble avoir été, sinon creusé, du
moins augmenté par le travail des hommes. On remarque à fleur d'eau au couchant, et du
côté ou est la pente du terrain, les pointes des poutres qui ont servi à
consolider la fondation d'une digue.
- Ces deux lacs sont très poissonneux.
- Ceux de Soubeyrol et de Saillans communiquent ensemble par la rivière de la Garde. Il
'existe depuis longtemps des projets pour leur desséchement, opération qui semblerait
pouvoir ètre effectuée facilement, et qui livrerait au pàturage des bestiaux une
excellente prairie d'environ 40 hectares de superficie.
RIVIERES.
- Aucune des rivières du département n'y est navigable. Le pays renferme un grand nombre
de cours d'eaux vives et excellentes. Les quatre rivières principales qui y ont leur
source, le Lot, le Tarn, l'Allier et le Gard, donnent leur nom à quatre départements.
- On y compte encore sept rivières secondaires qui sont :
le Bès (affluent dela Trueyre), la Trueyre et la Colagne (affluents du Lot), le
Chassézac (afluent du Gard, les Tarnon, la Jonte et la Mimente (affluents du Tarn).
- Les hautes montagnes de la Lozère et des Gévennes, qui impriment leur direction aux
rivières, envoient les eaux du Lot, du Tam et de l'Allier dans l'Océan, et celles du
Gard dans la Mèditerranée.
ROUTES.
Le département possède 24 routes royales ou départementales ; néanmoins une grande
partie des transports s'y fait encore à dos de mulets.
METEOROLOGIE.
CLIMAT.
- L'atmosphère est sujette à de brusques variations de température, elle passe
quelquefois dans la mème journée d'une chaleur vive à un froid intense. Le pays a
d'ailleurs un climat généralement froid et humide.
- Au nord, l'hiver dure six mois, et dans certaines années, neuf mois ; vers le midi, il
ne dure que quatre mois.
- En général, la température n'est douce que dans les vallons ou dans la partie des
Cévennes située au sud.
- On a remarqué dans le pays que l'hiver était ordinairement rigoureux , le printemps
pluvieux, l'été orageux et l'automne beau, mais vers la fin seulement.
- Les extrèmes limites du thermomètre sont communément de - l5° et de + 25° R.
VENTS. - Les vents dominants sont ceux du nord et de
l'est dans le nord du département, et ceux de l'ouest et du midi dans le sud.
- On redoute pour les vers à soie le vent d'est, qui est sec et chaud et qu'on nomme le
marin blanc.
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Costumes de la Lozère |
MALADIES.
- Le pays, en général, est assez sain pour les hommes comme pour les animaux : les uns
et les autres y sont robustes et vigoureux. On n'y voit pas régner de maladies
épidémiques ; les fièvres intermittentes y sont rares.
- Les maladies les plus communes sont les affections catharrales et rhumatismales, les
hydropisies et une espèce de scorbut constitutionnaire.
- On trouve quelques goitres dans les vallons du Malzieu et de Saint-Léger.
HISTOIRE NATURELLE.
FOSSILES
- Quelques localités du département renferment des fossiles. On en trouve une
grande quantité dans la commune de Barjac. M. Ignon fils (de Mende) y a découvert
plusieurs ammonites non déterminés et des dépouilles d'ictyosaurus.
RÈGNE ANIMAL.
- Le département renferme peu de chevaux et un plus grand nombre de mulets. Les moutons y
sont petits, mais produisent une laine douce et fine.
- Les bètes à cornes, quoique également de petite taille, y sont vigoureuses.
- Des sangliers, des cerfs et des chevreuils peuplaient autrefois les forèts ; à peine y
rencontre-t-on aujourd'hui quelques chevreuils : on y trouve des lièvres et des lapins en
quantité ; des blaireaux en petit nombre ; mais les renard sont plus communs.
- Les vastes forèts des montagnes donnent asile à des loups de grande taille et très
féroces.
- C'est de ces forêts et de cette race de loups que sortit, dans le siècle dernier, la
fameuse bête du Gévaudan.
- On a détruit, en dix ans, de 1821 à 1830, 515 loups et louveteaux ; dans ce
nombre se trouvaient 52 loups et
61 louves dont 9 pleines.
- Le dogue ou chien de parc est de la plus belle race, et sa force égale son ardeur pour
la chasse des animaux sauvages et la défense des troupeaux.
- Parmi les oiseaux de proie on remarque l'aigle royal.
- Le gibier ailé est abondant ; On y trouve le pluvier doré, la sarcelle, les perdrix,
les grives, les cailles, les bécasses, etc. Enfin les rivières et les lacs
fournissent des truites et des anguilles excellentes.
RÈGNE VÉGÉTAL.
- La Flore du département est assez riche.
- On y trouve surtout ces plantes vénéneuses qu'on a su métamorphoser en remèdes
efficaces, telles que la ciguë, la jusquiame, le napel, le colchique, Ia douce-amère, la
flammule, la pulsatile, la digitale pourprée et l'arnica ; le nombre de plantes usuelles
en médecine ou dans les arts, qui se trouvent dans le département, s'élève à environ
800.
- La garance, l'herbe aux tanneurs(coriara myrtifolia), le genêt des teinturiers (genista
tinctoria), la parelle y croissent spontanément.
- Le tabac, lorsque la culture en était permise prospérait dans les montagnes d'Aubrac
RÈGNE MINÉRAL.
- Le département possède des richesses minérales et métalliques qui pourraient ètre
l'objet d'exploitations en grand à l'instar de celles du Hartz en Westphalie et de
Freyberg en Saxe.
- On y exploite du plomb argentifère, du cuivre, de l'antimoine, de la litharge, de
l'alquifoux, du marbre, du porphyre, du granit et du gypse. La mine de plomb argentifère
de Vialas produit de 7 à 800 grammes d'argent par quintal métrique de plomb.
Il existe dans le pays des mines de fer et de houille, qui ne sont pas exploitées, de la
manganèse, du kaolin, etc.
On y trouve des carrières de jais, des cristaux de gypse, des saphirs, etc.
- Après les grandes pluies, le Gardon et la Cèze roulent des paillettes d'or.
- Le pic de Muret offre des traces d'un ancien volcan.
Eaux minérales.
- Le département compte un grand nombre de sources minérales (froides et acidules) et de
sources thermales.
Les premières se trouvent à Sarrons, près Saint-Chely, à Saint-Pierre, près le
Malzieu, à Javols à Colagne, au Mazel-Chabrier, au Mazel-de-Laubies au roc de
Saint-Amans à Laval-d'Auroux, à LavaI-d'Atger, à Quezac, à lspagnac, à Florac, etc.
L'analyse chimique range ces diverses eaux parmi les eaux gazeuses et martiales. Elles
contiennent toutes de l'acide carbonique, et sont apéritives et toniques.
- Saint Léger-de-Peyre possède plusieurs sources d'eau cuivreuse que les habitants
regardent comme purgatives e qui causent à ceux qui en boivent quelques verres de
violents vomissements.
Les eaux thermales et sulfureuses de Bagnols- les- Bains sont depuis long-temps connues.
- On a crée , il y a peu d'annees, un établissement thermal à La Chaldette,
commune de Brion, arrondissement de Marvejols. Les eaux y sont d'une nature analogue à
celles de Bagnols.
Avec remerciements à Pierrette Santune
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