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99 francs 
France, 2007, 1h40
Un film de Jan Kounen
avec Jean Dujardin, Patrick Mille...
Comédie Satire 
--- Des images ou des idées peuvent choquer ---
Tout va pour le mieux pour Octave. Rédacteur publicitaire pour une des plus grandes agences françaises, il a tout pour être heureux. Croyant qu’il décide ce que tout le monde va bientôt vouloir, Octave pense diriger le monde. Il vit donc sa vie à toute vitesse, avec filles, drogue et argent qui coulent à flot. Pourtant, petit à petit, ces certitudes vacillent un peu…
Une fois n’est pas coutume, une histoire s’améliore en passant du texte à l’écran ! Avec 99 FRANCS le film, on oublie les aspects les plus agaçants du roman à succès de Frédéric Beigbeder. Nul ici ne crache dans la soupe et quand le film donne des leçons sur l’état du monde, c’est toujours d’une manière plus fine que dans le roman, car d’une façon moins martelée. Débarrassée d’une bonne part de ses thèses prétendument éclairées, l’histoire d’Octave se suit plutôt avec plaisir. Le réalisateur Jan Kounen s’éclate dans les moments de délires visuels. Dessins animés, filtres, caméra survoltée, détournement de publicité, Kounen multiplie les styles avec bonheur. 99 FRANCS, resserré, clarifié, se déguste avec un plaisir indéniable mais tout à fait anecdotique. Comme une bonne publicité finalement. 

Un secret
France, 2007, 1h40
Un film de Claude Miller
avec Cécile de France, Patrick Bruel, Ludivine Sagnier, Julie Depardieu, Mathieu Amalric...
Drame Emotion Réalisme
C’est l’histoire de François, un enfant solitaire et rêveur des années 50, qui s’invente un frère, plus téméraire que lui. Cette lubie et son désintérêt pour le sport agacent passablement son père Maxime, fasciné par le dépassement physique. François grandit, et la fidèle voisine Louise, qui le chérit comme un fils, le sentant travaillé par les ombres d’un passé inconnu, lui dévoile le secret de l’histoire de sa famille. 
Incroyable histoire que celle de François et de sa famille, à travers laquelle Claude Miller explore ses propres racines et son enfance. Cette enfance qui traîne le poids de son héritage. Inventant les dialogues du roman descriptif de Grimbert qu’il adapte, Miller crée de la matière, entrelace les époques et joue des ellipses, avec fluidité. Les images chantent la nature, le culte du corps de l’entre-deux guerres, l’insouciance de la France des congés payés, puis la menace, l’Occupation et les années 50 où l’enfant se rêve un frère. UN SECRET s’avère une fresque romanesque prenante, qui réconcilie drame populaire et œuvre audacieuse. Avec au cœur, cette blessure originelle déchirante. 

This is england
Grande Bretagne, 2007, 1h41
Un film de Shane Meadows
Avec Stephen Graham, Thomas Turgoose, Jo Hartley, Andrew Shim, Vicky McClure...
Comédie dramatique Drame social 
--- Des images ou des idées peuvent choquer ---
Version originale sous titrée
1983, en pleine guerre des Malouines. Shaun a 12 ans et son père n’est pas revenu du front. Il se cherche un peu, croise une bande de skinheads menés par Woody. Shaun s’intègre vite dans ce clan et découvre l’amour. Mais le mentor de Woody, sort de prison et a d’autres ambitions pour le groupe. Ouvertement raciste et nationaliste, il entraîne Shaun et d’autres dans un parti extrémiste qui prône la violence envers les immigrés. Shaun perd vite ses valeurs. 
Même les skinheads ont le blues, semble nous dire Shane Meadows, l’auteur réalisateur de ce film, qui est une vraie surprise. Dès le générique constitué d’images d’archives du début des années 80, le ton est donné. Contant l’éducation sentimentale d’un jeune garçon de 12 ans, cette reconstitution efficace des années Thatcher convainc du début à la fin, avec un scénario à la fois percutant et personnel. Si l’interprétation du jeune novice Thomas Turgoose est à saluer, celle de Stephen Graham incarnant le mentor raciste Combo est tout bonnement impressionnante. On va sans doute parler de lui pour de futurs grands rôles. Cette chronique à la fois dure et tendre de l’époque où les Duran Duran et Culture Club squattaient les ‘charts’ démontre une fois de plus la force du cinéma anglais à traiter de front des problèmes sociaux sans négliger le côté divertissement. 

L’homme sans âge
USA, 2007, 2h05
Un film de Francis Ford Coppola
Avec Tim Roth, Alexandra Maria Lara, 
Bruno Ganz, André Hennicke... 
Comédie dramatique Fantastique
Cinémascope
Version française
Roumanie, 1938. Dominic Mattei, linguiste travaillant depuis toujours sur l’origine du langage, est au crépuscule de sa vie. Il est toujours hanté par l’image de Laura, la femme de sa vie, qui l’a quitté voilà près de cinquante ans. Alors qu’il se rend à Bucarest, il est frappé par la foudre. Dominic se met alors subitement à rajeunir et voit ses capacités mentales décupler. Il se voit traqué par les Nazis et les services secrets américains qui souhaitent faire de lui un sujet d’expérience. Prenant la fuite, il se réfugie en Suisse...
Ce film singulier ne manque pas de pans fascinants, et de prismes d’analyse. On y retrouve un thème cher au cinéaste comme la dichotomie entre l’âge et le corps. Une clé d’entrée d’autant plus intéressante que Coppola semble faire sien ce récit d’un homme retrouvant une nouvelle jeunesse. Après tout, ne ressort-il pas de sa retraite pour signer un film quasi d’avant-garde, sans atout commercial ? Un opus singulier baignant le spectateur dans un trouble constant : rêve ? réalité ? les deux ? Coppola se régale avec des cadrages décalés, et une construction narrative en scènes se répondant comme un palindrome. Un foisonnement visuel, mais aussi narratif. Francis Coppola, visiblement débordant d’un désir furieux de conter, accumule beaucoup de pistes, trop de thèmes majeurs, pour que l’on puisse vraiment s’y accrocher. Dommage mais pas mal quand même.

la nuit nous appartient
USA, 2007, 1h45
Un film de James Gray
Avec Tony Musante, Eva Mendes, Mark Wahlberg, Joaquin Phoenix, Robert Duvall... 
Polar Drame 
Version française
New York, fin des années 80. Bobby est le jeune patron d'une boîte de nuit branchée appartenant aux Russes. Avec l'explosion du trafic de drogue, la mafia russe étend son influence sur le monde de la nuit. Pour continuer son ascension, Bobby doit cacher ses liens avec sa famille. Seule sa petite amie, Amanda est au courant : son frère, Joseph et son père, Burt sont des membres éminents de la police new-yorkaise. Lorsqu'il apprend que son frère est la cible de la mafia russe, il ne peut plus rester dans l'ombre. D'abord précieux informateur, il risque sa vie en passant d'un clan à l'autre. Mais très vite il doit choisir son camp... 
Après sept ans d’absence, James Gray, auteur des remarquables LITTLE ODESSA et THE YARDS, nous revient enfin avec un nouveau polar new-yorkais tendance drame familial. Il étudie cliniquement la perte des repères et des valeurs morales, en situant son film à la fin des années 80, alors que la présidence Reagan arrive à son terme. Une époque qui apparaît être un choix judicieux, tant elle est filmée avec empathie et mélancolie. Et qui semble être le point de départ fulgurant de la déliquescence du rêve américain. 
Une chronique familiale émouvante, mise en scène avec un classicisme approprié, évitant l’esbrouffe. C’est fin, c’est prenant, c’est un bon moment de cinéma.


L'ANNÉE Où MES PARENTS SONT PARTIS EN VACANCES 

Argentine, Brésil, 2007, 1h50
Un film de Cao Hamburger
Avec Paulo Autran, Simone Spoladore, Michel Joelsas, Germano Haiut...
Comédie dramatique Tout public
Version originale sous titrée
Dans les années 70, Le Brésil vit une période agitée. Mais le régime militaire qui contrôle le pays, cela n’intéresse pas du tout le petit Mauro. Lui, son souci, c’est de voir l’équipe de football brésilienne remporter pour la coupe du monde, organisée cette année au Mexique. Engagés politiquement, ses parents décident de confier Mauro à son grand père, qui vit dans un quartier juif de Sao Paulo. Après avoir attendu plusieurs heures sur le pas de sa porte, Mauro apprend la mort de son aïeul de la bouche du voisin. Ce dernier se retrouve obligé de s’occuper du garçon en attendant le retour de ses parents… 
Avec ce film, le réalisateur Cao Hamburger tente un ambitieux collage narratif. Ici une touche de chronique sociale, là un brin d’étude communautaire, quelques scènes de comédie générationnelle, le tout vu à travers les yeux d’un enfant. Malgré son évidente ambition, ce cocktail narratif reste inégal. L’aspect comique et tendre du film est des plus réussis : le rythme enlevé séduit, les situations cocasses vécues par le petit Mauro amusent, tout comme ces clins d’œil à la folie brésilienne pour le football, lors des scènes de retransmissions de matches de la coupe du Monde 1970. Là où Cao Hamburger se montre moins tranchant, c’est malheureusement là où on l’attendait le plus, dans le cœur du récit, l’analyse politique qu’il ambitionnait de livrer en filigrane. Le cinéaste évoque succinctement l’engagement des parents de Mauro contre le régime, mais de ces « vacances » on ne saura pas grand chose de plus. 

A la croisée des mondes
La boussole d’or 

USA, 2007, 2h00
Un film de Chris Weitz
Avec Dakota Blue Richards, Sam Elliott, Nicole Kidman, Eva Green, Daniel Craig...
Aventure Grand spectacle Dès 9 ans
Cinémascope
version française
Dans un monde parallèle, pas loin d’être semblable au nôtre, la jeune Lyra, 12 ans, vit à Oxford accompagnée de son daemon Pantalaimon, un animal représentant son âme et sa personnalité. Un jour, elle surprend une conversation de son oncle, Lord Asriel, qui prétend devant un parterre de scientifiques avoir trouvé la preuve que les mondes parallèles existent et qu’il a le moyen d’en ouvrir les portes. La jeune Lyra est par la suite confiée à la mystérieuse Marisa Coulter mais avant son départ pour Londres, un de ses professeurs lui confie un aléthiomètre, instrument donnant la vérité à toute question… 
C'était couru d'avance mais c’est compréhensible, en s'incarnant sur grand écran, le foisonnant roman pour enfants de Philip Pullman allait perdre de sa chair. Malgré tout, l'univers mis en place par le romancier britannique est, à la base, d'une telle richesse, que même drastiquement amaigri, il parvient à charmer encore. Et avec le monde rétro-futuriste british et nordique des aventures de la petite Lyra à la recherche de la Poussière, le réalisateur s'en donne à cœur joie. Les costumes, les décors, les grands plans de mise en places des espaces, des peuples… Chris Weitz a eu les moyens et le talent de faire vivre le monde de Lyra. Et en donnant vie, notamment aux fascinants et nobles ours en armure, le réalisateur signe des morceaux de bravoure qui tiennent en haleine. LA BOUSSOLE D'OR remplit de manière efficace si ce n'est inoubliable, la mission de tout premier volet d'une trilogie : donner envie de voir la suite. 

Un jour sur terre
Royaume Uni, 2007, 1h38
Un film de Alastair Fothergill et Mark Linfield
Documentaire Ecologie Famille
Périple spectaculaire à travers les saisons, ce documentaire nous transporte de l'océan Arctique au printemps à l'Antarctique en plein hiver. Les toutes dernières technologies en matière de prise de vue en haute définition ont permis de tourner des images d'une beauté à couper le souffle et de mettre en valeur la vie qui palpite et bouillonne à chaque instant, sur le moindre centimètre carré de notre planète.
Chaque plan est plus spectaculaire que le précédent, d'une beauté presque irréelle, le genre de panorama à faire passer Ushuaïa pour un film de vacances. Plus encore que cette série d'extraordinaires cartes postales des lieux encore préservés de notre terre, le film vaut pour son foisonnement d'animaux, de scènes rarement ou jamais vues ainsi à l'écran. Un documentaire à grand spectacle sur la nature, à consommer sans modération. 
( le documentaire, pas la nature !...)

dans la vallée d’Elah
USA, 2007, 1h53
Un film de Paul Haggis
Avec Jason Patric, Jonathan Tucker, James Franco, Tommy Lee Jones, Susan Sarandon..
Drame Réalisme 
Cinémascope
Version originale sous titrée
Le jeune américain Mike Deerfield est rentré d’Iraq en soldat méritant. Mais il a mystérieusement disparu, et reste considéré comme déserteur par l’armée. Son père, Hank, vétéran de guerre, ne l’entend pas de cette oreille. Avec sa femme, ils veulent savoir ce que cachent véritablement ces événements. 
Le parfum seventies qui embaume actuellement le cinéma américain le doit largement aux films traitant de la guerre en Irak. Après tout, le Vietnam n’est pas si loin. Dans la vallée d’Elah, mélodrame efficace conjugué à une enquête policière rigoureuse, s’inscrit dans cette logique dans laquelle Paul Haggis (scénariste du Million Dollar Baby et de Mémoires de nos pères et auteur de Collision) s’est astreint à respecter les codes du film de guerre dans un contexte où mauvaise conscience et égarement d’une société font un matériau cinématographique inépuisable. Ce film antimilitariste laisse planer une étrange ambiguïté en fin de parcours. Quand tout est dit, le personnage principal laisse aller son écœurement sans jamais remettre en cause l’ahurissant patriotisme qui fonde, en grande partie, cet aveuglement et cette propension à l’oubli. L’impression qui domine alors est que tout va de travers en Amérique.

Il était une fois
USA, 2007, 1h48
Un film de Kevin Lima
avec Amy Adams, Patrick Dempsey, Timothy Spall, Susan Sarandon...
Aventure Conte Dès 6 ans
Cinémascope
Version française
Lorsque la princesse Giselle est bannie par la reine Narissa de son royaume de magie et de dessin animé, elle se retrouve dans le monde réel, à Manhattan, et découvre un monde fait de bruit et de fureur...
Après un début cartoonesque très conventionnel, le film adopte la prise de vue réelle et bascule dans une loufoquerie bon teint. Les studios Disney ont à leur tour voulu faire dans l'autocritique. Ils s'en donnent à coeur joie et tirent à boulets rouges sur les poncifs inhérents au conte de fées. Un spectacle des plus divertissants.

La visite de la fanfare
Israël, 2007, 1h30
Un film de Eran Kolirin
avec Ronit Elkabetz, Sasson Gabai, Khalifa Natour, Saleh Bakri, Imad Jabarin...
Comédie dramatique Tout public
Cannes 2007 : Prix de la jeunesse
Coup de coeur du jury ‘Un certain regard’
Prix de la critique internationale
version originale sous titrée
Une fanfare de la police égyptienne est invitée à se rendre en Israël pour jouer à l’occasion de la cérémonie d’inauguration d’un Centre culturel arabe. La lourdeur de la bureaucratie, le manque de chance et un concours de circonstances empêchent les officiels d’être à l’aéroport pour les accueillir. La fanfare tente de se débrouiller par ses propres moyens. Finalement, les musiciens se retrouve au cœur d’une petite ville d’Israël oubliée du monde… 
Le sujet même de ce film, l’arrivée d’un orchestre égyptien dans une ville du désert israélien, est propice à la comédie. C’est cette piste que suit Eran Kolirin pendant toute la première partie du film, avec un comique de situation et des personnages pittoresques. Le réalisateur gagne le pari de l’humour, avec notamment la scène de la leçon de drague, muette, pur régal visuel et d’une grande drôlerie. Sans pour autant dévier de son chemin, Eran Kolirin en emprunte parallèlement un second. Une fois le contact entre les musiciens et les habitants établi, des relations se tissent pendant quelques heures. Désormais, ils ne sont plus égyptiens et israéliens, arabes et juifs, mais des gens ordinaires, des voisins qui établissent des liens amicaux et, la confiance aidant, parviennent à évoquer leurs blessures et leur solitude. 

L’ennemi intime 
France, 2007, 1h36
Un film de Florent Emilio Siri
avec Aurélien Recoing, Vincent Rottiers, Albert Dupontel, Benoît Magimel...
Drame Réalisme
Cinémascope
Algérie 1959. La guerre dure depuis 5 ans. Le jeune lieutenant Terrien, idéaliste, prend le commandement d’une section de l’armée française. Rapidement, il fait la rencontre du sergent Dougnac, un militaire expérimenté, qui connaît bien le conflit, mais qui est désabusé par la guerre. Les deux hommes s’entendent et se respectent. Mais la réalité est de plus en plus dure... 
La France et son cinéma n’ont jamais vraiment montré d’empressement à s’emparer de la Guerre d’Algérie. Voilà qui d’emblée, rend ce film intéressant. Apparemment, ce qui intéresse le réalisateur, ce n’est pas tellement la stratégie militaire et la véracité des faits. Avec le scénario très dense et très écrit, Siri préfère se pencher sur la tension qu’il fait peu à peu monter. Jusqu’à ces climax implacables que sont les scènes de crise. Un film qui contribuera à donner toute son importante au conflit algérien dans la mémoire collective française. 

Le premier cri
France, 2007, 1h40
Un film de Gilles de Maistre
Document Réalisme Tout public
Dans un intervalle de 48 heures sur la Terre, dix femmes de cultures et d’origine différente accouchent d’un enfant. De la tribu Kayapo du Brésil aux Dolgan de Sibérie, le documentariste Gilles de Maistre a posé sa caméra et assisté au même miracle de la vie. Sous l’apparente disparité des peuples et des traditions, se dissimule un héritage commun et universel. L’enfantement transcende le genre humain.
Consumé par une soif inextinguible d’universalité, le réalisateur Gilles de Maistre se laisse aller à la contemplation esthétique d’un sujet - le processus de l’enfantement - qui aurait peut être mérité plus d’analyse ethnographique sous-jacente. Le documentariste s’est lancé comme pari de filmer dix femmes à travers le monde. Au final, les images sont magnifiques, les scènes d’accouchement émouvantes… 

De l’autre côté
Allemagne Turquie, 2007, 2h02
Un film de Fatih Akin
avec Baki Davrak, Patrycia Ziolkowska, Nurqul Yesilcay, Yelda Reynaud...
Comédie dramatique
Version originale sous titrée
Entre l'Allemagne et la Turquie, le destin de six personnages en quête de pardon et de réconciliation. Six parcours, six vies entrelacées par le destin, au cours d’un voyage dangereux vers la vérité de chacun, sans que les deux groupes de protagonistes ne se rencontrent jamais. C’est seulement la mort de l’un d’eux, de chaque côté, qui pourra réunir ces destinées, inéluctablement liées depuis le commencement. 
Fascinant Fatih Akin. Quatre ans après HEAD-ON, boule d’énergie filmique Ours d’Or au Festival de Berlin 2003, le revoilà avec un long métrage aussi riche et dense mais autrement plus apaisé. Ce film reste centré sur le même thème principal, les liens étroits qui unissent l’Allemagne et la Turquie, les Allemands et les Turcs. Car tout politique qu’il soit, ce drame choral fait de chassés croisés, parle avant tout d’hommes et de femmes. Sans jamais divaguer ou négliger un de ses personnages, Akin dresse plusieurs magnifiques portraits d’âmes perdues, toutes à la recherche de certitudes. Au-delà des destins individuels, Akin s’investit politiquement : épinglant à la fois les contradictions du régime Turc et l’attitude hésitante des pays d’Europe. Militant fervemment pour la compréhension entre les peuples et la confrontation d’idées. Clamant au et fort le pouvoir de la culture. Un regard citoyen qui force le respect. 

Le renard et l’enfant
France, 2007, 1h32
Un film de Luc Jacquet
avec Bertille Noël-Bruneau, Isabelle Carré...
Aventure animalière Dès 5 ans
Cinémascope
Il y a une trentaine d’années… un matin d’automne, au détour d’un chemin, une petite fille rousse aperçoit un renard. Fascinée au point d’oublier toute peur, elle ose s’approcher. Pour un instant, les barrières qui séparent l’enfant et l’animal s’effacent. C’est le début de la plus étonnante et de la plus fabuleuse des amitiés. 
Luc Jacquet avait conquis les foules avec LA MARCHE DE L’EMPEREUR. Avec ce film, il pousse encore plus loin sa recherche du merveilleux, sa recréation d’une nature fantasmée. De jolies images, une narration impeccable d’Isabelle Carré et surtout une jeune actrice craquante, Bertille Noel-Bruneau. L’histoire en elle-même est totalement accessoire, à la manière des films de Luc Besson qui pouvaient nous transporter avec une intrigue minuscule. On peut tout à fait rejeter en bloc ce faux naturel mais ceux qui en ont envie pourront plonger avec délice dans cette expérience à la fois expérimentale et totalement accessible.
A propos
Ce film est le résultat du montage d’images de renards sauvages dans leur environnement et de prises avec des renards ‘apprivoisés’ (certaines ont été improvisées lorsque des renards venaient spontanément à la rencontre des équipes).

Certains articles sont extraits du magazine Diagonal, de la revue Première, du site de Télérama http://www.telerama.fr/ ou de M.Cinéma avec l'aimable autorisation des rédacteurs.

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