des bancels ( terrasses) soutenue
par des murs en schistes, pierres sèches, entreliés avec un réseau de petits
escaliersou un seul grand qui les dessert tous.
Proche des maisons bassin(s), potager, verger.
Mais on a aussi confectionné des bancels aux endroits très inaccessibles, partout où il
y a de leau, ou on a pu en amener.
Une châtaigneraie avec des châtaignier
greffés ou des bouscasses (dites cabasses, les repousses sous la
greffe : si le vieux cur est abattu, cette repousse monte bien droit ) sur un
terrain qui suit la pente parfois avec des petites murettes arrondies en contrebas de
larbre pour ramasser les feuilles (jadis tout était utile)
Et bien au dessus la lande jusquà la
crête pour les chèvres et moutons.
Les vieux chemins reliant tous les mas et
hameaux, souvent bordés par des bornes et murettes pour empêcher le bétail de manger
dans les cultures.
Une magnanerie - (partie de)
batiment conçu expres pour la culture des vers à soie. Typique sont les dimensions
souvent très grandes et le grand nombre des chéminées et fenêtres pour pouvoir créer
une temperature constante, nécessaires aux vers à soie. Une ou plusieures dans presque chaque hameau, rajouté au cours de l'histoire.
La treille pour le vin, (notamment du
clinton, jacquet, baco et autres variétés hybrides).
Des prairies pour le foin (la plupart assez
récentes).
Le rucher, dont les plus anciens sont
vraiment très jolis, faits dun tronc darbre couvert dune grande
lauze
Les tombes tout proches des maisons (voir
lhistoire religieuse) souvent avec un cyprès comme symbole de la flamme de
léternité. Pour économiser la terre cultivable parfois même dans la cour ou dans
une cave.
Une clède, petite construction carrée en
pierre sèche pour sécher les châtaignes en les transformant en blanchettes pour faire
de la soupe, pendant des siècles la nutrition principale des cévenols.
Se trouve dans presque chaque hameau mais aussi loin de la maison, là ou sont les
châtaigniers.
Le four à pain, dans la cour ou inclus dans
une mur avec louverture dans la cheminée.
Laire à battre, pour battre les
céréales, ici surtout le seigle qui vient bien en sols acide

LHABITATION
Lhabitation de plan rectangulaire est
appuyée sur le rocher ou même en partie taillée dedans.
Les plus anciennes sont toujours perpendiculaires à la pente .
Les extensions se faisaient dabord de
préférence en hauteur ce qui demandait moins de travail et dentretien.
Dautre part on économisait ainsi la terre
cultivable, et évitait davoir à recréer une bonne assise dans le rocher de
schiste, pierre glissante et friable.
La maison sétage suivant les terrasses, avec ainsi un accès de plain-pied à
chaque niveau.
Lhistoire presque autarcique dune
ferme évolue en relation avec le fort accroissement de la population par différentes
vagues (16ème , 18ème , 19ème siècles avec un
maximum au dernier ), dou ce besoin daménager de nouvelles pièces .
Pendant cette époque
démographiquement positive on prévoyait déjà la construction dun nouveau
bâtiment voisin en laissant dans le futur angle commun dépasser des grosses pierres de
support.
Ainsi lextension des maisons se réalise
avec une nouvelle aile perpendiculaire au premier bâtiment, cette fois parallèle à la
pente.
Charpente et toit doivent être aménagés en
L. Pour éviter ceci y sont alors construits des bâtiment plus bas en créant
ainsi une enchevauchure des toits dans différents sens et tailles, pour loger les
chèvres, moutons, cochon, ânes, lapin, poules, plus rarement pigeons et remise.
Parfois lensemble évolue en entourant une cour intérieure avec une porche
daccès, ou en grand L, en grand F, H, U, en deux grandes ailes parallèles ou en
pêle-mêle , selon lépoque et lendroit.
Aussi la taille de tous ces prototypes de
constructions évoluent en dimensions qui deviennent en général de plus en plus grands .
Surtout la grande taille voulue pour les
nouvelles magnaneries impliquait des grandes constructions nouvelles de 3 ou 4 étages
immenses. Le progrès techniques des constructions, rendait cela possible. Aussi les
ouvertures devenaient réalisables en plus grande taille et même superposées.
Limpôt sur la taille et nombre douvertures nétait plus en vigueur.
Le niveau le plus bas, en partie creusé dans le
schiste (doù suinte leau en général évacuée par une petit chenal taillé)
sert de cave et de chèvrerie.
Au dessus se trouve la salle commune dont la
cheminée occupe toute la largeur du mur dans le pignon accolé à la montagne.
Dans lautre mur pignon, se trouve la
fenêtre qui donne sur la vallée.
Le troisième niveau (sil existe, ou même
le quatrième niveau) sert comme chambre et grange et pendant lépoque dor
comme magnanerie : pièce où sont élevés les vers à soie, avec beaucoup de
fenêtres et plusieurs cheminées pour maintenir la température la plus constante
possible.
La pente modelée en bancels est à chaque
étage accessible de plain-pied ou par une montoire (une passerelle).
Lentrée principale de la cuisine se fait
en général par un escalier entre lentrée des caves, ou au dessus.
Les pièces incorporées en partie dans le rocher ont une
voûte en pierre au lieu dun plancher avec des poutres incorporées dans le mur,
pour létage au-dessus en raison de lhumidité qui pourrit le bois.

FONDATIONS
Ici et là on peut trouver les
pèdes, fondations taillées dans le schiste non pas en creux, mais en relief.
Sinon la plupart des constructions, ajoutées à
lensemble ( très simples dabord et ensuite de plus en plus compliquées,
diversifiées et personnalisées) empruntent les murs ou bouts de mur comme assise ou
incluent un ou plusieurs murs à lorigine extérieurs comme leur murs intérieurs.
Ainsi on trouve dans chaque mas, hameaux et
village des parties très anciennes, la plupart étant des vestiges mises en place comme
prieurés fondés par les moines, entre 1000 et 1200.
LES MURS
Lappareillage et lassise des murs
varient de module, suivant la qualité de la roche.Il sont très précis car leur
stabilité peut être compromise par la nature glissante et très morcelée du matériau.
Là où les assises ne sont pas taillées
horizontalement, on peut hélas souvent constater que les murs des bancels
sécroulent. A part ça ce sont les sangliers, les racines darbres, les pluies
torrentielles et les petits ruissellements deau pendant longtemps qui menacent les
murs des bancels. Ainsi ils etaient et seront toujours en reconstruction partielle.
La structure stratifiée dun mur en
schiste se prête à une grande élasticité. Ainsi on peut voir des bosses, creux et
écarts daplomb qui semblent
invraisemblables, sans que la santé du mur soit vraiment en danger.
Un outillage puissant permet de le redresser comme à lorigine.
Avec plaisir on peut encore contempler les bâtiments et bancels intacts, qui témoignent
dun patrimoine extraordinaire créé par lhomme.
Photo: Alain Lagrave
Les linteaux, les encadrements des ouvertures et les chaînages dangles sont soit en
pierre de schiste taillées, soit en autres matériaux selon lendroit,
lépoque et la richesse du propriétaire : par ex. : grès, calcaire,
kersantite ou fraidonite le granite noir des cévennes
Au-dessus les portes et fenêtres on voit un arc
de décharge en forme de triangle isocèle pour soulager les linteaux du poids du mur
.Ceci varie aussi par époque et par endroit avec un souci de recherche dautres
solutions technique et/ou matériaux.
Pendant longtemps, le mortier à la chaux était uniquement utilisé pour
lhabitation.
La construction est toujours inventive et
fonctionnelle et témoigne de lattention pour les détails et lharmonie. Même
pendant des époques pauvres le cévenol a eu lil pour laspect
esthétique de son mas.
Nombreux details de décoration font preuve de comme les lits de
quartz et de galets dans les murs des mas proche des rivières,

les cadres des portes et fenetres avec une taille et matériel personalisé,
la chéminée typique,
les arcs de décharge au dessus les ouvertures les nombreux jolies porches,
l'alignement des terrasses et les petits escaliers,
la maitrise parfait de la taille de pierre pour marches, l'eau etc. etc...

PROPRIETES DU MATERIEL
Le schiste, sombre et luisant, reflets dorés ou
bleus se reconnaît aisément
à son aspect feuilleté, plissé voire fissuré.
Essentiellement composé de mica en paillettes fines et luisantes dont les couleurs
varient au gré de leur composition chimique oxydes de silicium et daluminium
associés à différents éléments.
Ainsi le mica peut être blanc sous forme de
cristaux plus ou moins gros : la muscovite ou la séricite.
Il peut être également noir sous forme de paillettes: la biotite, ou encore
rouille- colorée par le fer.
Les petits lits blanc intercalés au schiste sont des amas de quartz qui
correspondent à danciennes couches de sable cristallisé.
LA CHARPENTE
La charpente est faite dune façon et
dune inclinaison telle quelle transmet la plupart du poids du toit en lauze
bien lourd sur les murs.
Beaucoup de (bouts de) murs ont bougé avec lécroulement de la toiture, trop
chargés en neige, ou par des fuites qui ont pourri les tirants qui relient
les deux murs. Le bois de châtaigne même est si imputrescible
qu'il sert plusieurs siècles.
La hauteur dun tronc de châtaignier
délimite la longueur des poutres de la charpente et ainsi elle détermine aussi la
largeur des constructions.
La faiblesse de la charpente est presque toujours du aux gouttières, sinon elle résiste
bien des siècles. Surtout les tirants encochées dans les
sablières qui font les rebords des murs de façade.
Elle est faite de chevrons formant fermes, croisés au faîtage et emboîtés dans
la panne sablière qui est maintenue toutes les 2 ou 3 travées, par un entrait.
ARCHITECTURE & L'EAU
Limportance vitale cest leau,
à lépoque, maintenant et toujours. Ainsi sont crées des barrages et digues de
pierres dans les ruisseaux,des béals taillés dans le rocher pour amener leau de
très loin.
Les cévenols ont construit tout un ensemble ingénieux pour en avoir, à boire,
à stocker, pour arroser, pour le bétail , pour lénergie hydraulique ( moulins,
forges,filatures
),pour faire le ménage (très peu) et pour se protéger en cas de
forte pluie et suintement.
Des vannes en pierre, à lever et à remettre pendants les heures de droits
darrosage, décrit par jour et lheure, souvent assemblés avec des
châtaigniers creux avant lutilisation du tuyau..
Des trincats :caniveaux dévacuation de leau,
Ponts et passages pour traverser les ruisseaux et rivières,
Des citernes - les seules constructions colmatées au mortier, tous les autres systèmes,
comme celui pour capter le suintement des murs incorporés dans le rocher fonctionnait en
taille et superposition des pierres dans les bonnes directions.
Restauration
des moulins à St. Germain de Calberte
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