Des blocs ou des couches épaisses, on peut extraire les
encadrements de baies et portes, les chaînages dangle, qui
permettent de structurer solidement les constructions, escaliers etc..


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A cause du déboisement précoce du plateau
(surtout pour les verrerie de Millau) le bois duvre est absent, ce qui cause
le caractère remarquable de larchitecture caussenarde: la charpente et le plancher
des différents niveaux est remplacé par des voûtes de toutes formes. |
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Larchitecture calcaire des gorges - les gigantesque falaises qui bordent les causses
est différente sur quelques points, grâce au différences géographiques :
la présence deau, la végétation arborescente, labri naturel quoffrent
les versants, la rareté des espaces plats et la présence de grandes parois rocheuses.
Pourtant cest le même matériau géologique, sauf dans les zones de contact avec le
granite ou le schiste ce qui donne encore dautre caractéristiques
architecturales. |
LES STRUCTURES VOÛTEES DES BATIMENTS
La plupart des bâtiments du Causse sont
édifiés à partir dun système à deux voûtes superposées.
La plus basse, au rez-de-chaussée est cintrée,
souvent très plate. Cest un type de voûte qui permet datteindre une assez
grande largeur mais qui exerce une très forte poussée horizontale sur les murs.
La voûte supérieure est une voûte brisée,
composée de deux demi-voûtes appuyées lune sur lautre. La pression oblique
quexerce cette voûte vient équilibrer la pression horizontale de la voûte
du rez-de-chaussée. Leur résultante est absorbée par lappui du mur qui enrobe la
naissance de la voûte brisée, remontant assez haut, et compensant ainsi sa poussée.
Ce système permet de disposer dun grand
volume, et daménager, au besoin trois niveaux utiles superposés, avec un plancher
intermédiaire.
Dans la majorité des cas, ces voûtes sont
bâties de pierre tout venant, comme les murs. Dans les églises et dans quelques
bâtisses importantes, elles sont en pierres taillées, ce qui leur autorise une plus
grande portée.
Leur forme est très libre. Pour édifier la
voûte, on met en place un cintre en bois que lon charge simultanément des deux
cotés et quon déplace au fur et a mesure de lavancement des travaux. La face
convexe de la voûte est noyée dans un remplissage de pierres, de terre, de paille et de
débris divers, sur lequel reposent le dallage de la pièce dhabitation (à
l'étage) et les dalles de couverture, tout en haut.
Les pénétrations de voûtes, aux
intersections, et toutes les ouvertures (portes et fenêtres) exigent beaucoup de rigueur
pour ne pas perturber la cohérence de lensemble qui tient à la pression que chaque
pierre exerce sur sa voisine.
Lappui des bâtiments latéraux, composés
de demi-voûtes qui épaulent la voûte principale, les contreforts (enculos) et les arcs
dépaulement renforcent encore la solidité du système.
LES FACADES
Les façades sont faites pour être vues :
ce sont elles qui accueillent le visiteur, et portent limage de la famille
résidente. Mais aussi elles sont fonctionnelles pour pouvoir pénétrer et pour la
lumière.
Il y a deux types de façades :
La façade en mur pignon Comme les murs pignons ne portent pas la charge
dun voûte on peut y percer des ouvertures de manière assez libre. Cest la
solution la plus simple, utilisées lorsque la maison est perpendiculaire aux courbes de
niveau, mais elle ne permet pas déclairer un grand volume dhabitation.
La façade sur le mur de long pan
(ou mur gouttereau)Ici les ouvertures sont percées dans la voûte. Pour que
léquilibre de la maçonnerie ne soit pas compromis, on bâtit au niveau du toit de
petites voûtes secondaires, perpendiculaires à laxe de la maison, et qui
pénètrent dans la voûte principale.
Les ouvertures salignent dans laxe de ces voûtes
secondaires qui reçoivent la poussée de la voûte principale et la répartissent de part
et dautre, sur le plein du mur. Ainsi à chaque niveau, fenêtres et
portes sont alignées, sous les lucarnes du grenier.
Dans les deux cas, la circulation entre la bergerie et les
deuxième et troisième niveaux se fait par lextérieur, le percement de la voûte
du rez-de-chaussée nétant pas réalisable.
On accède à la salle commune par un escalier extérieur qui
débouche sur un large perron. Ce perron est un lieu de vie complémentaire des espaces
intérieurs , parfois couvert. 
LES TOITURES
La pente du toit, entre 40 et 60 pour cent est déterminée
par le rayon de courbe de la voûte supérieure et par la hauteur du mur.
Il ne faut pas quelle soit trop marquée
car les dalles de couverture, posées sans fixation, ne tiendraient pas. Le couvreur
enrobe la voûte dun lit de cailloutis qui doit former un plan régulier, tangeant
à son rayon de courbure. Il pose, sur ce lit, les dalles qui tiennent par leur propre
poids : les angles aigues des cailloux les empêchent de glisser. A la base du toit,
les dalles les plus larges (les gouttiers) couronnent le mur pour former
létanchéité.
Ensuite leurs dimensions va décroissant,
jusquau faîte composé de larges plaques posées à plat.
Dans les maisons de type façade à long
pan, la toitures doivent épouser successivement les courbures de la voûte
principale et des voûtes secondaires: les différents plans se nouent les uns aux
autres dans un arrondi (noue en arrondi) dont lexécution demande une grande
habilité.
Pour éviter les infiltrations, la remontée de
leau et de la neige, poussées par le vent, les rangées de lauzes doivent se
recouvrir sur les 2/3 de leur surface. Leur poids (200 à 250 kg par m2, ou plus) vient
renforcer le blocage de la maçonnerie voûtée. Il est très risqué de découvrir
unilatéralement une portion du toit : déséquilibré , louvrage risque
de seffondrer.
Certaines toitures, plus récentes, reposent sur
des arcs en pierre qui économisent la construction dune voûte complète. Les arcs
sont reliés entre eux par des pannes de bois et la couverture repose sur des planches. La
pente doit être encore plus faible pour que les lauzes calcaires ne glissent pas sur le
bois.
Mais avec la généralisation de la lauze de schiste, ce
matériau a été employé cloué, cette fois.
LES BÂTIMENTS ANNEXES
Souvent les bâtiment annexes sont indépendants
car lespace disponible nest pas mesuré, comme dans les constructions ancrées
sur les pentes, ou dans les villages ou le parcellaire est étroit. Indépendant ou
accolés aux bâtiments principaux, four à pain, écurie, étable, pailler, fenil,
entrepôts et citernes* sont construits sous voûte ou sous arcs diaphragmes.
Laire à battre assez grande,
compte tenu des volumes de céréales à traiter- jouxtait généralement le pailler.
Quelques fermes possèdent aussi un pigeonnier, attribut caractéristique des terres à
blé, dont la possession demeurera jusquà la Révolution française un privilège
seigneurial.
Lespace construit sétend à
lenvironnement : jardins, prés, champs et chemins sont le plus souvent bordés
de murettes en pierre sèches. Les abris de berger, les clapas(pierre
extraites des champs cultivés et rangées en tas), murettes de soutènement de culture
sur les pentes ou de séparation des propriétés, enclos ou on parque le troupeau dans
les pâtures, complètent la trame construite du paysage.
Les lavognes font aussi partie de
léquipement rural : ce sont des petites mares temporaires qui captent les eaux
de surface au moment des pluies. Elles sont parfois bâties mais, le plus souvent, le fond
argileux a simplement été rendu étanche par décomposition. Elles étaient,
jusquune époque récente, les seuls points deau disponibles pour les
troupeaux de brebis.
* Depuis peu de temps, les fermes caussenardes
ont leau de ville , auparavant seule la pluie fournissait leau nécessaire aux
besoins des hommes et des animaux sil ny avait pas une lavogne proche. Le long
des toits, des gouttières, creusées dans des troncs darbres supportés par des
corbeaux en pierre, conduisaient leau jusquà la citerne à laquelle on
accède par un puits dont la margelle est proche de la salle commune, et même quelquefois
dans cette salle.
Des arbres utiles complètent
laménagement : frêne, noyer, tilleul, orme..
Les céréales cultivées sur le plateau étaient
transformées en farine dans les moulins à eau des vallées, mais, pendant un temps
apparemment assez bref, des moulins à vent ont fonctionné sur le causse, dont il ne
reste aujourdhui que des vestiges.
LARCHITECTURE CALCAIRE DANS LES VALLEES
Dans les vallées, les variations du modèle
type prennent dautres formes du fait du relief et des conditions climatiques et
économiques différentes.
Les petites propriétés des vallons exploitent
surtout la vigne et les fruits, avec un troupeau de quelques brebis. Les maisons,
accrochées à la pente, comportent :
Une cave creusée dans le rocher où lon
faisait le vin (cuve, pressoir, tonneaux..), et où lon conservait aussi les fruits
(pommes et poires), ainsi quune citerne
Contiguës à la cave : lécurie
qui abritait cheval ou mulet, bergerie ou chèvrerie
Au premier, lhabitation où lon
accède souvent par un perron
Au second, sous voûte ou sous charpente en
bois, le grenier qui abritait, entre autre, les fagots de branches de feuilles,
précieuses là où le foin est rare.
Dans les secteurs dolomitiques (falaises
massives des gorges, reliefs ruiniformes du plateau), lhabitat prend une allure
troglodyte : les paroies rocheuses deviennent partie intégrante des édifices qui se
fondent littéralement dans le décor. Parfois les grottes sont aménagées en bergerie et
les rochers détachés des corniches en abris de bergers.
La présence de sources provoque le regroupement de lhabitat en hameaux, ou en
villages, à proximité des replats qui offrent des terres, cultivables, des reliefs
favorables à la défense : terrasses ou pointements rocheux.
Souvent aussi les gués et les ponts, avec le
passage des voies de communication, susciteront la création dagglomérations.
Compte tenu de la pente et de létroitesse des parcelles, les maisons sont collées
les unes aux autres, alignées le long des ruelles avec le pignon face à la vallée.
LES ZONES DE TRANSITION
Larchitecture des vallées du Tarn et de
la Jonte reste très homogène : le matériau , calcaire, demeure le même. Mais, au
contact dun matériau différent, celle du Tarnon a une personnalité propre.
A mi-versant (cest là
quapparaissent les sources, les eaux infiltrées dans lépaisseur du calcaire
sont stoppées dans leur progression par des couches géologiques imperméables), le
calcaire domine encore, mais le schiste apparaît déjà.
On utilise à la fois la charpente en
châtaignier et la voûte. |
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Plus bas, sur le socle
schisteux, cest le matériau qui devient premier, avec des encadrements et chaînage
dangles calcaires.
Proche de la rivière apparaissent les galets dans les
murs. |

Sur les petits plateaux calcaire que les failles et le creusement des vallées ont
séparé de la masse du Causse, ainsi que dans les vallonnements marneux du Valdonnez, le
calcaire disponible pour la construction n'est pas de même nature que sur le causse ( il
ne sagit pas du même niveau géologique).On y retrouve toutefois les modèles de
larchitecture caussenarde qui co-existent avec des bâtiments à charpentes. Les
tours pigeonniers carrées du Valdonnez, les séries de grande lucarnes soigneusement
encadrées de la région des Bondons, donnent localement un type particulier a cette
architecture. Dans les zones de contact avec le granite du mont Lozère, les deux
matériaux se combinent, et parfois aussi les deux modèles de construction. Cest
ainsi que les modèles caussenards, avec voûtes ou lucarnes sur le toit, sont exécutés
en matériau granitique.