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lola
Philippine - France, 2010, 1h50
Un film de Brillante Mendoza
Avec Anita Linda, Rustica Carpio, Tanya Gomez...
Comédie dramatique Accessible dès 12ans
Version originale sous titrée
A Manille, deux femmes âgées se trouvent confrontées à un drame commun : l'une vient de perdre son petit-fils, l'autre est la grand-mère ('lola') du jeune assassin.
L'événement tragique, qui sert de point d'ancrage, ne sera pas montré au spectateur afin qu'il ne prenne pas parti. Ce qui intéresse Mendoza ne tient pas du combat manichéen. Faisant fi de tout jugement moralisateur, il préfère montrer les répercussions humaines d'un meurtre (un deuil, une culpabilité) à travers ces deux grands-mères - dont l'une est incarnée par Anita Linda, 87 ans pendant le tournage, plus de 200 films au compteur - toujours dignes, toujours debout, la rage de vaincre, oubliant les douleurs provoquées par l'arthrite. Grâce à leur dénuement, Lola devient une fable sociale sur l'empathie et la bonté où, dans un lieu grouillant régi par le pouvoir de l'argent, l'amour n'a aucun prix. La caméra à l'épaule de Mendoza se fond dans le quotidien pour transmuer l'ordinaire en extraordinaire et dynamiter les codes et les usages de la compassion. Question survie et esthétique, on a rarement vu autant de choses se renverser en une heure de film, ni connu de cinéaste brûlant à ce point la fiction et le documentaire. Il y avait absolument tout dans le sujet pour tirer les larmes, se fourvoyer dans le terrorisme lacrymal, faire un mélo gluant. Rien à faire: on est sous le choc. Ce que Mendoza filme tient du miracle, à la fois animé par une force invisible et dévasté par un ouragan d'émotions. Un film, un vrai de vrai, porté par de bonnes mains et de beaux regards, empreint d'une grâce qui en facilite l'accès et agit violemment sur nous. Le cinéma comme on aimerait qu'il soit toujours et partout.
Un film éblouissant qui chuchote sa beauté au lieu de la brailler. Mendoza est grand.
Toy story 3
USA, 2010, 1h40
Un film de Lee Unkrich
Animation Aventure Tout public
Woody le cowboy, Buzz l'Eclair et les autres jouets se retrouvent confrontés à ce qui devait bien arriver un jour : le départ d'Andy pour l'université...
Encore une fois, pour vous permettre de visionner le film dans des délais raisonnables (vous aurez remarqué que les délais entre les fenêtres d’exposition (ciné, location, vente dvd, télé...) pour les films diminuent d’une manière inquiétante), nous le programmons avant sa sortie. Donc impossible de dénicher une critique et donc on recroise les doigts...
tournée
France, 2010, 1h51
Un film de Mathieu Amalric
Avec Miranda Colclasure, Suzanne Ramsey, Linda Maracini...
Comédie dramatique Accessible dès 8 ans
Prix de la Mise en scène - Cannes 2010
Producteur de télévision parisien à succès, Joachim avait tout plaqué - enfants, amis, ennemis, amours et remords - pour repartir à zéro en Amérique à l'aube de ses 40 ans. Il revient avec une tournée de strip-teaseuses 'New Burlesque' à qui il fait fantasmer la France... Paris ! De port en port, l'humour des numéros et les rondeurs des filles enthousiasment les hommes comme les femmes. Et malgré les hôtels impersonnels, leurs musiques d'ascenseurs et le manque d'argent, les showgirls inventent un monde extravagant de fantaisie, de chaleur et de fêtes. Mais leur rêve d'achever la tournée en apothéose à Paris vole en éclats : la trahison d'un vieil 'ami' fait perdre à Joachim la salle qui leur était promise. Un bref aller et retour dans la capitale s'impose, qui rouvre violemment les plaies du passé...
Mimi Le Meaux, Dirty Martini, Kitten on The Keys… Des noms en néon illuminent l’écran pour une plongée immédiate au coeur d’une tournée organisée par Mathieu Amalric, alias Joachim Zand. L’histoire d’un producteur de spectacles de retour des Etats-Unis avec dans ses bagages un show New Burlesque. Comprendre des numéros de pin-up, pompons à tétons et plumes à la sauce satire politique et sociale. Un sujet surprenant au service d’un scénario subtil, lumineux et définitivement très drôle. Coécrit par l’écrivain Philippe Di Folco, “jouisseur érudit” selon Amalric, Tournée mêle réalisme et poésie, documentaire et fiction, rythme et contemplation. Offre d’un bout à l’autre la possibilité de déambuler au gré de ses envies dans un moment de vie intense et singulier. On y pioche un désir de vivre vite et fort, d’oublier ses démons, un mal du pays fugace, des signes d’obéissance bête et facile, des rencontres improbables, une paternité maladroitement assumée… Amalric peint par touches. Libre de ses gestes, il pénètre au coeur des scènes, au creux des personnages. Ces femmes, il les filme comme un adolescent observe à la dérobée sa voisine qui s’effeuille à la fenêtre d’en face. Sans fausse pudeur, ni voyeurisme. A une tentative laborieuse de se glisser dans la peau du sexe faible, il préfère pousser discrètement la porte des chambres pour observer ce que disent les corps, ou celles des loges pour entendre piailler, crier et rire. Et quand les femmes s’affichent sur scène, la caméra célèbre le show. Mais derrière ces showgirls qu’il met à l’honneur, se façonne délicatement le personnage qu’incarne le réalisateur. Un homme qui lutte contre sa mélancolie. Un homme qui a quitté un monde pour en trouver un autre. Une résistance singulière. Finalement, l’opus est à l’image de sa fin sublime dans un hôtel abandonné : un paradis perdu pour une vie réinventée.
l’autre rive
France Géorgie, 2010, 1h33
Un film de Giorgo Ovashvili
Avec Tedo Bekhauri, Galoba Gambaria, Nika Alajajev...
Drame Accessible dès 13 ans
Version originale sous titrée
A 12 ans, Tedo est contraint à grandir vite. Il vit avec sa jeune mère dans un taudis près de Tbilissi, en Géorgie, depuis que la guerre a ravagé leur province natale, l'Abkhazie, suite à l'effondrement de l'Union soviétique. Au quotidien, Tedo travaille comme apprenti dans un modeste garage, traîne avec d'autres gamins de la rue et s'arrange de petits vols pour ramasser un peu d'argent et éviter ainsi à sa mère de se prostituer. Jeune, il a connu le conflit, l'exil, la dureté de la misère, jusqu'au jour où il décide de partir à la recherche de son père, resté sur 'l' autre rive', au-delà de la frontière, en Abkhazie. Là commence pour Tedo un voyage initiatique à la recherche de ses origines, à travers un pays meurtri par un conflit ethnique qui a laissé de profondes blessures qui peinent encore aujourd'hui à se refermer.
Entre documentaire et fiction, le cinéaste Giorgo Ovashvili ne sait que choisir. En soi, cela n'est pas très grave. Bien au contraire. Le sujet, bien qu'intimiste, s'inspire d'une histoire vraie, elle-même renforcée par une réalité historique que l'on connait tous. Une guerre, celle qui opposa la Georgie et la Russie en Août 2008. Quelles en sont les raisons ? Divers enjeux, qu'ils soient d'indépendance ou énergétiques (la région possède énormément de pétrole en ses sols). Beaucoup de Georgiens prendront alors la fuite pour échapper au massacre. L'autre rive nous raconte ce qu'il se passe après le conflit, intrigué par le sort d'un enfant et de ses proches. L'acteur principal, Tedo Bekhauri, décrit à travers son seul visage, innocent, triste et marqué, toute cette misère humaine dont il n'est en aucun cas responsable. Ne demandant rien à personne, il se bat désormais pour survivre et retrouver les siens, notamment ce père aujourd'hui absent. Le chemin sera long, empli de nombreuses embûches mais aussi de découvertes. L'émotion n'en est que plus forte. Car c'est de cela qu'il s'agit principalement. L'autre rive offre une effervescence de sentiments qui se dégagent aussi bien de notre esprit que de notre corps. On sourit d'abord, puis on pleure, avant de réfléchir à tout ce que l'on vient de voir. Une oeuvre parfois dure, certes, mais toujours juste.
inception
USA, 2010, 2h28
Un film de Christopher Nolan
Avec Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Ellen Page...
Fantastique SF Action Accessible dès 10 ans
Cinémascope
Version française
Circuit +
Dom Cobb est un voleur expérimenté – le meilleur qui soit dans l’art périlleux de l’extraction : sa spécialité consiste à s’approprier les secrets les plus précieux d’un individu, enfouis au plus profond de son subconscient pendant qu’il rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable. Très recherché pour ses talents dans l’univers trouble de l’espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d’avant – à condition qu’il puisse accomplir l’impossible : l’inception. Au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire l’inverse : implanter une idée dans l’esprit d’un individu...
Christopher Nolan est un super-réalisateur, tout autant capable de réinventer le super-héros ('Batman Begins', 'The Dark Knight') que de délivrer une oeuvre parfaitement originale, d'une inventivité rare. Porté par une ligne narrative vertigineuse, avec un scénario construit en poupées russes, 'Inception' atteint un niveau de complexité rarement égalé sans jamais perdre son spectateur. 'Inception' réussit l'amalgame entre le pur film d'action et le thriller de science-fiction.
le premierqui l’a dit
Italie, 2010, 1h50
Un film de Ferzan Ozpetek
Avec Riccardo Scamarcio, Nicole Grimaudo, Alessandro Preziosi...
Comédie sociale légère Accessible dès 13 ans
Version originale sous titrée
Cinémascope
Grande réunion chez les Cantone, illustre famille de Lecce, propriétaire d'une célèbre fabrique de pâtes. Tommaso, le benjamin, veut profiter du dîner pour avouer à tous son homosexualité. Mais alors qu'il s'apprête à prendre la parole, Antonio, son frère aîné, promis à la tête de l'usine, le précède pour faire... la même révélation. Scandale général, malaise du père qui chasse le fils indigne. Tous les espoirs se portent alors sur Tommaso pour reprendre l'affaire familiale et perpétuer le nom des Cantone. ..
Ferzan Ozpetek, qui a également pratiqué le mélodrame, ne fait pas dans le détail. Quand il décide de réaliser une comédie sentimentale, il ne recule devant rien pour faire sourire. Il a beau affubler la famille d'un terrible secret, révélé au fil de flash-back assez irritants, il ne peut s'empêcher de revenir très vite à la caricature affectueuse, aux situations outrées et convenues qui découlent du quiproquo initial. Il y met une espèce de naïveté attendrissante. On se prend à plaindre ce pauvre Tommaso, dont la situation n'est pourtant pas si inextricable - il suffirait d'une bonne explication -, à trembler avec lui quand un quarteron d'amis très gays débarque dans la maison familiale. Une comédie dans l'Italie d'aujourd'hui avec assez d'épaisseur pour que l'on sorte du cinéma parfaitement détendu sans être pour autant abruti.
La merditude des choses
Belgique, 2009, 1h48
Un film de Félix Van Groeningen
Avec Johan Heldenbergh, Koen De Graeve, Pauline Grossen ...
Comédie grinçante Accessible dès 15 ans
Version originale sous titrée
Cinémascope
Gunther, 13 ans, partage le toit de sa grand-mère avec son père et ses trois oncles. Quotidiennement, Gunther baigne dans un climat de beuveries effrénées, de drague éhontée et de glande constante... Tout porte à croire qu'il subira le même sort. A moins qu'il ne parvienne à se 'démerder' de là...
‘La Merditude des choses’ a le goût amer, épais et plein de caractère de la bière brune brassée en terres flamandes. Caméra à l’épaule, l’objectif au plus près de son sujet, le troisième film de Félix Van Groeningen suit sans artifices - c’est le moins que l’on puisse dire - la vie du clan Strobbe. Marcel, le père, Lowie "Petrol", Pieter "Baraqué", Koen, les oncles, la mémé et Gunther, le fils bien décidé à s’extirper du merdier dans lequel il est né. Dans ce film à l’humour cinglant et au romantisme noir, amour et détresse sont palpables. Scènes de beuverie et subtile réflexion sur ce que représente la transmission s’entremêlent dans un cocktail détonant. Et ce cadre dans lequel il se passe toujours quelque chose se fait le porte-parole de ce bordel organisé. Mais nous n’en dirons pas plus de cette bien belle vie de merde que voilà, si ce n’est : ne zappez pas ce film !
twilight 3 Hésitation
USA, 2010, 2h04
Un film de David Slade
avec Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner...
Fantastique SF Accessible dès 8 ans
Version française
Cicruit +
Cinémascope
Des morts suspectes dans la région de Seattle laissent présager une nouvelle menace d'autant que Victoria cherche toujours à assouvir sa vengeance contre Bella. Pour contrer cette menace, les Cullen et les Quileutes, ennemis de toujours, vont devoir se rapprocher et s'entendre pour protéger Bella. Bella de son côté va devoir faire un choix entre Edward et Jacob.
Un délice d'érotisme et d'ironie. On rit d'ailleurs beaucoup devant ‘Hésitation’. Les fans apprécieront de retrouver l'atmosphère du premier film, fidèle aux livres, mais agrémenté du budget du deuxième et des effets spéciaux qui vont avec. Twilight bifurque de plus en plus vers un fantastique pur et dur et a tout compris aux tourments romantiques (et hormonaux) des adolescentes...
Fantastic Mr Fox
USA, 2010, 1h28
Un film de Wes Anderson
Animation pour grands et petits
Accessible dès 6 ans, appréciable jusqu’à 99
Version française
Mr Fox est le plus rusé des voleurs de poules. Une fois marié, son épouse Felicity lui demande de mettre fin à ses activités incompatibles avec la vie d'un honorable père de famille. La mort dans l'âme, il se fait alors engager comme éditorialiste dans un journal local où il s'ennuie terriblement. Quand son fils Ash a 12 ans, Mr Fox part s'installer en famille à la campagne à proximité d'élevages de volailles détenus par trois ignobles fermiers. La tentation est trop forte : Mr Fox reprend ses anciennes activités et s'attire les foudres des trois fermiers...
On connaît l'univers loufoque, décalé et faussement joyeux de Wes Anderson. Ce n'est finalement pas si étonnant qu'il rencontre celui, faussement enfantin, de Roald Dahl. 'Fantastic Mr Fox' est d'ailleurs le premier livre qu'a lu le réalisateur texan. Se lançant avec une grande réussite à la fois dans l'adaptation littéraire et l'animation en stop-motion (image par image), l'auteur de la 'Famille Tenenbaum' joue de l'anthropomorphisme avec une bonne dose d'humour et dresse le portrait d'une famille de renards tout aussi dysfonctionnelle que lors de ses précédents films. Le père est en pleine crise de la quarantaine (environ 7 années-renard) tandis que le fils traverse de plein fouet celle de l'adolescence (seulement 2 années-renard), entre regret d'une vie trop rangée et désir de reconnaissance parentale. Comme toujours chez le cinéaste, le tout est mis en scène avec ampleur et élégance, alternant scènes d'action et d'introspection, sur une musique – portée entre autres par Jarvis Cocker – à la fois entraînante et ironique. En imposant ainsi sa marque, Wes Anderson signe peut-être la meilleure adaptation de Roald Dahl, saisissant le regard adulte présent dans toute la littérature de l'écrivain anglais, mais jusqu’alors absente des transpositions de ses oeuvres sur grand écran. Vous l’aurez compris, ce film n’est pas spécifiquement pour les enfants, il s’adresse autant à un public adulte qu’il conquiérera qu’à un public jeune (mais pas trop quand même !).
benda bilili !
France, 2010, 1h25
Un film de Renaud Barret et Florent de La Tullaye
Avec Cubain Kabeya, Paulin Kiara-Maigi, Roger Landu...
Documentaire musical Accessible dès 10 ans
Version originale sous titrée
Ricky a un rêve : faire de Staff Benda Bilili le meilleur orchestre du Congo Kinshasa. Roger, enfant des rues, désire plus que tout rejoindre ces stars du ghetto qui écument la ville sur des fauteuils roulants customisés façon 'Mad Max'. Ensemble, il leur faut déjouer les pièges de la rue, rester unis, trouver dans la musique la force d'espérer. Pendant cinq ans, des premières répétitions à leur triomphe dans les festivals du monde entier, Benda Bilili, en français 'Au-delà des apparences', raconte ce rêve devenu réalité.
Dès sa scène d’ouverture, percutante, joyeuse, musicale, ‘Benda Bilili !’ annonce la couleur. Il y aura du funk et du blues, des hommes le corps rongé par la polio, des enfants qui dorment sur des cartons en plein coeur de Kinshasa, et des rires. Etalé sur une période de cinq ans, ce documentaire en musique, cousin du ‘Buena Vista Social Club’ de Wim Wenders, raconte le parcours d’un groupe de musiciens en fauteuils roulants, de la (pou)belle Kin - surnom de la capitale congolaise - à Belfort, où ils se produisent aux Eurockéennes après avoir enregistré leur premier disque. De la rue à la scène, Renaud Barret et Florent de La Tullaye ont capté des images abîmées par les conditions précaires de tournage - la nuit, la poussière ou encore les autorités hostiles - d’une beauté rude et touchante. Sans misérabilisme ni voyeurisme, ils sont parvenus à filmer la maladie qui détruit les corps et l’Afrique centrale, le temps d’un match de foot, d’un règlement de comptes. Pourtant, malgré la joie de vivre qui émane constamment du film, difficile de ne pas y déceler une opération de charity business camouflée en rêve européen : ‘Benda Bilili !’ est présenté seulement un an après la sortie du premier album du groupe, produit par les réalisateurs. Mais quand, jouée à la guitare ou au satongé (une simple corde fixée à une boîte de conserve avec une branche de bois), la musique du Staff Benda Bilili se fait entendre pour conter l’espoir et “la vie avant tout”, on ne peut s’empêcher, aussi cynique soit-on, d’être touché par leurs voix et tout ce chemin parcouru.
Ao, le dernier néandertal
France, 2010, 1h24
Un film de Jacques Malaterre
avec Simon Paul Sutton, Vesela Kazakova...
Aventure documentaire Tout public
circuit +
Cinémascope
Pendant plus de 300.000 ans, l'homme de Néandertal règne sur la planète. Il y a moins de 30.000 ans, il disparaît à tout jamais... Son sang coule-t-il encore dans nos veines ? Nul ne le sait, sauf AO... le dernier homme de Néandertal !
Par le réalisateur de ‘L’odysée de l’espèce’ et ‘Homo sapiens’, une fresque pédagogique et épique sur cet ‘lignée’ éteinte. Espèce à part entière (Homo neanderthalensis) ou sous-espèce de l’homme moderne (Homo sapiens neanderthalensis) ? La controverse demeure chez les scientifiques. Seule certitude : l'homme de Néandertal, s'il était différent de l'Homo sapiens, n'en possédait pas moins une excellente adaptation à son environnement et un ensemble de techniques, de savoir-faire et de rituels élaborés. Néandertal et Homo Sapiens se sont croisés il y a 80 000 ans et ont donc généré une descendance commune. Cette thèse que Jacques Malaterre développe dans son film AO, LE DERNIER NEANDERTAL est à présent confirmée par
l’analyse de l’ADN néandertalien. Voilà pour les données techniques mais quant à la critique cinéma du film, nous ne pouvons vous en dire plus. A l’heure où nous écrivons, les projections de presse n’ont pas encore eu lieu. Alors dans l’attente vous pouvez lire le roman de Marc Klapcynski « AO, l’homme ancien » publié aux Editions Aubéron, roman qui a inspiré ce film.
Le bruit des glaçons
France, 2010, 1h51
Un film de Bertrand Blier
Avec Jean Dujardin, Albert Dupontel, Anne Alvaro ...
Comédie dramatique acide Acc. dès 12 ans
Ce type (Albert Dupontel), on le voit marcher sur la route et, instantanément, on le prend en grippe. Avec sa gueule aussi fatiguée que son costume et son sourire qui grimace - à moins que ce ne soit l'inverse -, il a des airs de porte-poisse. Il ressemble à un de ces messagers de malheur que les Anciens, dans leur sagesse, tuaient après l'avoir entendu débiter ses mauvaises nouvelles... Le voilà qui s'approche de la grille d'une propriété. Il sonne. « Bonjour, dit-il à son interlocuteur, je suis votre cancer. Je pense que ce serait bien qu'on fasse un peu connaissance. »
La mort, Bertrand Blier l'a déjà filmée plus d'une fois : belle comme Carole Bouquet dans Buffet froid, hideuse comme Catherine Hiegel dans Les Côtelettes. Mais jamais il n'avait osé saisir, comme ça, à vif, son travail de sape. Ni l'incrédulité épouvantée dans l'oeil de celui qui contemple, soudain, en chair et en os, ce cancer qui le bouffe de l'intérieur... Un pot de colle, ce mec ! Maintenant qu'il est entré dans la vie de Charles, il ne le lâche plus d'une semelle : impossible de picoler, de bouffer, de baiser - de picoler, surtout ! - sans qu'il soit là à lui rappeler sa fin prochaine. A lui raconter, en ricanant, des histoires à tirer les larmes : ce pauvre type, par exemple, qu'il était chargé d'emmener, mais qui refusait de partir sans avoir senti, une dernière fois, tout contre lui, la douceur, la tiédeur de sa petite fille endormie... Dans Le Bruit des glaçons, on retrouve, évidemment, le goût de Blier pour le mauvais goût. La provoc. Avec lui, il faut rire de tout, et surtout de l'insoutenable. Mais l'on perçoit aussi son amour des paumés, des désolants, des minables, tous ces pauvres types qui hantent son oeuvre, des Valseuses aux Côtelettes. Amour féroce et dénué de pitié. Entre le cancer et sa victime, c'est une lutte à mort qu'il instaure, terrifiante et comique dans sa dérision même. Car, contre toute attente, le match n'est pas gagné d'avance : « Parlez-moi poliment, sinon je vous fais un pancréas », menace même le cancer, exaspéré par cet alcoolo qui lui résiste, insolent et rageur...
Bref, en apparence, du Blier classique, du Blier pur jus. Mais la belle surprise du Bruit des glaçons, c'est l'irruption d'un sentiment que le cinéaste avait souvent cherché, parfois trouvé, sans oser y succomber : la tendresse. C'est chose faite, avec ce beau personnage de femme qu'incarne Anne Alvaro. Louisa, c'est la bonne. La servante amoureuse. Celle que nul ne voit, mais à qui rien n'échappe. Une silhouette qui n'est qu'amour. Une ombre à la Dostoïevski, extravagante, inébranlable dans sa pureté. A son contact, tous les personnages, même les plus secondaires, les plus fugitifs - la petite Russe apparemment si superficielle, le médecin de campagne apparemment si sot-, s'éclairent, comme baignés de tendresse. A son contact, la mise en scène de Bertrand Blier semble s'élargir, s'affiner - à l'image de ce mouvement de caméra qui serpente et s'élève vers la chambre où Louisa et Charles font l'amour. Pour lutter contre ce cancer qui les dévore. Et peut-être vaincre la mort.
petits meurtres à l’anglaise
Grande Bretagne, 2010, 1h38
Un film de Jonathan Lynn
Avec Bill Nighy, Rupert Grint, Emily Blunt...
Comédie dramatico-comique Acc. dès 8 ans
Version originale sous titrée
Cinémascope
Victor Maynard, un assassin vieux et solitaire, vit pour satisfaire sa mère Louisa, en dépit de sa propre réputation sans scrupule pour son efficacité mortelle. Sa routine professionnelle est interrompue quand il se trouve attiré par l'une de ses prochaines victimes, Rose. Il épargne sa vie et obtient inopinément un jeune apprenti, Tony.
Petits Meurtres à l'anglaise est bien le remake de Cible émouvante, de Pierre Salvadori (avec Jean Rochefort, Guillaume Depardieu et Marie Trintignant). Jonathan Lynn en reprend le synopsis macabre (respectueux, il garde le même nom pour son tueur : Victor Maynard), mais il l'ancre, avec bonheur, dans la comédie 100 % british. Exemple : la scène où Victor s'aperçoit que sa maman (le meurtre est une affaire de famille chez les Maynard) a embroché le perroquet qu'il vient de lui offrir avec une aiguille à tricoter ! Une fois le tueur, la voleuse et l'apprenti réunis, la comédie, aux dialogues subtils, alterne le non-sens et les gags bon enfant. Une scène très arrosée (où Victor se réveille le matin dans une housse en plastique !) apporte même une touche de folie burlesque à la Blake Edwards. Le charme du film vient surtout de son trio d'acteurs. Rupert Grint, le Ron de la saga Harry Potter - le roux le plus connu de la planète -, est impeccable en tueur novice éberlué, son premier grand rôle de « moldu ». Emily Blunt (Le diable s'habille en Prada) est piquante comme tout. Et puis il y a Bill Nighy, repéré dans Good Morning England (le capitaine du bateau). En vieux parapluie flegmatique qui se décoince sur le tard, il est tout bonnement hilarant. Un petit bonheur d’humour british, un petit moment sympathique de cinéma, c’est toujours bon à prendre !
Arthur 3 La guerre des deux mondes
France, 2010
Un film de Luc Besson
Avec Freddie Highmore, Selena Gomez, Lou Reed...
Animation, aventure Tout public
Maltazard a réussi à se hisser parmi les hommes. Son but est clair : former une armée de séides géants pour imposer son règne à l’univers. Seul Arthur semble en mesure de le contrer… à condition qu’il parvienne à regagner sa chambre et à reprendre sa taille habituelle ! Bloqué à l’état de Minimoy, il peut évidemment compter sur l’aide de Sélénia et Bétamèche, mais aussi – surprise ! - sur le soutien de Darkos, le propre fils de Maltazard, qui semble vouloir changer de camp. A pied, à vélo, en voiture et en Harley Davidson, la petite troupe est prête à tout pour mener le combat final contre Maltazard. Allumez le feu !
Le film n’étant pas encore sorti à l’heure où nous imprimons, nous ne vous en dirons rien de plus, mais le troisième volet devrait rester dans la lignée des deux précédents.
Tamara drewe
Grande Bretagne, 2010, 1h49
Un film de Stephen Frears
Avec Gemma Arterton, Roger Allam, Bill Camp...
Comédie dramatique Acc. dès 12 ans
Version originale sous titrée
Cinémascope
Tamara Drewe est une journaliste lassée de la vie qu'elle mène à Londres et qui décide de revenir dans la campagne qui l'a vue naître pour prendre un peu de repos. Hélas, ses voisins, une pension d'écrivains en quête d'inspiration, des adolescentes avides de potins et un beau jardinier, entre autres, vont commencer à se mêler de sa vie.
Ne pas se laisser abuser par la vision d’un T-shirt rouge et d’un mini-short en jean. ‘Tamara Drewe’ est bien plus que cela. Stephen Frears, en adaptant sur grand écran le roman graphique éponyme, a proposé hors compétition un film que seuls les Britanniques savent réaliser. Britanniques, pas Anglais. Nuance de taille tant l’atmosphère qui entoure ces histoires est estampillée Union Jack, chapeau melon et marmelade à l’orange. Il y a des tromperies, des disputes, des drames et des crises de rire, mais toujours avec un cynisme et un comique de situation qui aboutissent au final à un ensemble des plus savoureux. Avoir su mêler avec autant de brio humour so british et vaudeville théâtral avec cette réussite est une performance qui mérite d’être saluée. Les personnages sont interdépendants les uns des autres, avec des caractères un peu caricaturaux - la jolie fille égocentrique, le mari volage, l’amoureux frustré, la rock-star stupide - mais ils prennent vraiment tout leur relief dans les interactions que la vie va provoquer. Un film très bien ficelé et dont la mise en scène efficace couplée à un très beau casting réserve de très bonnes surprises. Un agréable moment.
Certains articles sont
extraits du magazine Diagonal, de la revue Première, du site de Télérama
http://www.telerama.fr/
ou de M.Cinéma avec l'aimable autorisation des rédacteurs.
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